Présidentielle française - Onze candidats, une fusillade, 15 minutes pour convaincre

21/04/17 à 01:54 - Mise à jour à 01:56

Source: Belga

(Belga) Les 11 candidats à l'élection présidentielle française se sont retrouvés jeudi soir sur le plateau de France 2 pour l'émission politique "15 minutes pour convaincre". Comme prévu, ils ont disposé, chacun, d'un quart d'heure pour répondre aux questions des journalistes et développer un point de leur programme. Mais si les discours semblaient initialement ronronner, la fusillade des Champs-Elysées a brutalement changé la donne.

Présidentielle française - Onze candidats, une fusillade, 15 minutes pour convaincre

Présidentielle française - Onze candidats, une fusillade, 15 minutes pour convaincre © BELGA

C'est aux alentours de 21h00, jeudi soir, qu'une fusillade éclate sur les Champs-Elysées, la mythique artère parisienne. Des policiers sont visés par un assaillant qui est abattu alors qu'il tente de fuir. Parmi les forces de l'ordre, on compte un mort et deux blessés. Une passante ressortissante étrangère est également touchée. Après un moment de flottement, l'information - qui bruisse depuis de longues minutes sur les réseaux sociaux - finit par percoler sur le plateau de France 2. Emmanuel Macron est le premier à exprimer son émotion. "Le 1er devoir d'un président, c'est de protéger. Cette menace, on sait qu'elle fera désormais partie de notre quotidien", affirme-t-il alors que sur le terrain, la section antiterroriste du parquet de Paris est saisie de l'enquête. Désormais informés, les autres candidats apportent eux aussi leur soutien aux victimes, François Fillon appelant même à la suspension de la campagne électorale. Tout comme Marine Le Pen, le candidat de la droite et du centre annonce par ailleurs l'annulation des déplacements prévus ce vendredi. En fin d'émission, chaque prétendant à la présidence profite encore des 2 minutes 30 dont il dispose en guise de conclusion, pour rendre hommage aux forces de l'ordre et condamner ce que la plupart qualifie d'"attentat terroriste". Pour le reste, les près de quatre heures de direct n'auront pas créé de réelle surprise à moins de trois jours du premier tour du scrutin. Les programmes des candidats sont connus, leurs thèmes de prédilection sont rabâchés depuis de nombreux mois et le format de l'émission - des entretiens individuels au lieu d'un débat à 11 - n'est certainement pas propice à la confrontation. Certes, Philippe Poutou, le candidat du nouveau parti anticapitaliste, a bien traité François Fillon et Marine Le Pen de "menteurs et de voleurs" tandis que Benoît Hamon a dénoncé "ces candidats qui veulent choisir leurs journalistes", allusion même pas masquée au candidat Les Républicains François Fillon. L'inimitable Jean Lassalle, lui, a régalé son auditoire avec son accent rocailleux pendant que Jean-Luc Mélenchon se montrait égal à lui-même, amenant un réveil sur le plateau télévisé afin de lui "rappeler qu'il est temps d'être heureux". Quant à François Fillon, il s'est attiré les foudres des réseaux sociaux après avoir sous-entendu que si la journaliste Léa Salamé n'avait pas compris une partie de son programme, c'est parce qu'elle était partie en congé de maternité. Enfin, Marine Le Pen a martelé ses thèmes habituels, récupérant sans vergogne la fusillade des Champs-Elysées et érigeant la peur de l'autre en étendard. (Belga)

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