Grete Remen
Grete Remen
Députée flamande N-VA
Opinion

02/06/15 à 12:06 - Mise à jour à 12:17

"Pourquoi la semaine de 30 heures est irréaliste et impayable"

Aujourd'hui, de nombreuses organisations plaident pour une semaine de travail de 30 heures. Cela peut sembler très beau et idéaliste, mais la réalité est différente. "En fait, on travaille déjà 30 heures par semaine".

"Pourquoi la semaine de 30 heures est irréaliste et impayable"

© iStock

Notre État-providence s'occupe de nous quand nous sommes malades, quand nous avons un enfant, partons à la retraite, etc. Il assure une société sûre, un bon enseignement, des transports publics, une infrastructure routière... Le défi budgétaire pour continuer à payer tous ces services est gigantesque. Un défi que nous ne remporterons certainement pas en travaillant moins, mais en faisant travailler un maximum de gens aussi longtemps que possible.

Malheureusement, il existe toujours des organisations qui jettent de la poudre aux yeux. Elles plaident pour une semaine de 30 heures avec maintien du salaire. Cela peut sembler très beau, mais nous ne pouvons pas nous le permettre, ni pour la société, ni pour nous-mêmes.

N'oublions pas que nous disposons d'une liberté de choix incroyable. Nous avons le droit de choisir notre profession et beaucoup de gens peuvent choisir le nombre d'heures qu'ils travaillent. Si nous imposons la semaine de 30 heures, nous limitons cette liberté de choix, pas de ceux qui désirent travailler moins, mais de ceux qui souhaitent travailler davantage. De nombreux entrepreneurs travaillent déjà environ 60 heures par semaine. Et ce n'est pas forcément parce qu'ils y sont obligés. Ils le font pour rendre leur entreprise plus performante. En outre, il existe suffisamment d'exemples d'employés extrêmement satisfaits de leur boulot et qui ne veulent donc pas travailler moins.

Tout a un prix

Aujourd'hui, de nombreux employés ont déjà le choix de prester moins d'heures de travail payé et d'établir d'autres priorités. Il y a beaucoup de systèmes de crédit-temps et de congé destinés à combiner le travail et la famille. Ce gouvernement a même décidé d'étendre les crédits-temps motivés de 36 à 48 mois (pour s'occuper d'un enfant, pour prodiguer des soins palliatifs ou pour assister un membre de la famille gravement malade).

On peut également décider de travailler à temps partiel. Aussi n'est-il que logique qu'on perde une partie proportionnelle de son salaire. Tout a un prix. Les propositions qui promettent de travailler moins en maintenant son salaire sont irréalistes et intenables. Ce gouvernement fait tout pour maîtriser les coûts salariaux, pour conserver les emplois ici et en créer. Allons-nous mettre ces efforts en péril en instaurant de telles mesures ?

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Un emploi qui compte moins d'heures de travail ne rend pas plus heureux

Considérer le travail uniquement comme un facteur de stress est une erreur. Le travail crée une cohésion sociale et enrichit les contacts sociaux. Il procure une structure et une certitude dans la vie. Un emploi qui compte moins d'heures de travail ne rend pas plus heureux. Le bonheur réside dans la conscience d'avoir un travail et de compter dans la société. Bref, travailler rend heureux.

Pour autant, nous ne nions pas que beaucoup de parents éprouvent beaucoup de mal à combiner le travail et la famille. On ne résout pas ce problème en leur donnant moins de travail, mais en rendant leur entourage plus flexible. Nous devons adapter nos dispositions sociales aux besoins des travailleurs. Je pense à une garderie, des horaires de travail souples, des heures d'ouverture de magasins flexibles, l'encouragement du travail à domicile, etc.

Les employés et entrepreneurs productifs ont toujours été un atout pour l'économie flamande. Ce sont ses fondements. Ne lâchons pas notre dernier atout. En outre, nous ne travaillons déjà que 30 heures par semaine. Un rapport de l'OCDE révèle, en effet, que les Belges travaillent 1.570 heures par an en moyenne, ce qui revient à 30,19 heures par semaine. Il s'agit là du résultat d'une semaine de 38 heures combinée aux vacances, aux régimes de congé, interruptions de carrière, etc.

Si en plus on instaurait la semaine de 30 heures, ce serait vraiment le commencement de la fin. Renforçons notre économie dans l'intérêt général. C'est ce qui, comme l'a calculé récemment le Bureau du Plan, créera des emplois.

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