Pourquoi la criminalité des élites est moins réprouvée par le public

09/05/16 à 08:06 - Mise à jour à 08:05

Source: Belga

La criminalité des élites, qui fait régulièrement la une au gré des révélations sur des mécanismes de fraude fiscale notamment, n'est pas aussi réprouvée que les faits plus "classiques", comme les vols ou les braquages, et cette différence de traitement s'explique par différents facteurs, ressort-il d'une étude de Carla Nagels publiée lundi par la revue Justice et Sécurité.

Pourquoi la criminalité des élites est moins réprouvée par le public

© REUTERS

Les chercheurs s'accordent depuis longtemps à dire que la criminalité en col blanc - les transgressions commises par des dirigeants - suscite une réaction différente - moins sévère - que la criminalité "ordinaire". Cette plus grande clémence s'explique d'abord par le fait que les citoyens estiment plus graves les comportements qui occasionnent un dommage tangible, important et personnalisé, ce qui n'est souvent pas le cas des transgressions des élites.

Les élites ont également un rapport particulier aux lois: elles participent activement à leur élaboration, et sont capables de les détourner ensuite à leur avantage, constate la docteure en criminologie. Quand elles sont prises en faute, il leur est en outre plus facile de faire passer leurs manquements pour des erreurs ou des omissions.

La diversité des instances de contrôle joue également un rôle dans cette plus grande clémence. La détection des transgressions est parfois gérée par les objets du contrôle, comme avec les compliance officers dans les banques. Ce sont ensuite des organes spécifiques, hors de la justice pénale, qui sont chargés de la réaction aux transgressions.

Au final, le nombre d'affaires concernant des criminels en col blanc qui arrivent devant les tribunaux est très faible, et les peines infligées dans ces cas-là sont majoritairement des amendes.

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