Pologne: manifestations contre un projet d'interdiction totale de l'avortement

03/04/16 à 18:51 - Mise à jour à 18:51

Source: Belga

(Belga) Plusieurs milliers de personnes ont manifesté dimanche à Varsovie devant le siège du parlement polonais pour protester contre une proposition de loi visant l'interdiction totale d'avortement, soutenue par l'Eglise catholique et les conservateurs du parti Droit et Justice (PiS) au pouvoir.

Réunis à l'appel du parti de gauche Razem (Ensemble), de très nombreux manifestants avaient apporté avec eux des cintres en fil de fer, un instrument "utilisé autrefois par les femmes désespérées et privées de leur droits pour interrompre leur grossesse", selon les organisateurs. "J'avoue que ce symbole est extrême mais il faut qu'il soit lisible", expliquait Marzena, étudiante en linguistique à l'Université de Varsovie, un cintre à la main. Des pancartes autour qualifiaient de "talibans" les partisans du projet et la Pologne d'"enfer des femmes". D'autres appelaient à "Make love not PiS" (PiS, le sigle du parti Droit et Justice se prononçant en polonais de la même manière que "peace" en anglais, ndlr). Des manifestations semblables étaient annoncées dans plusieurs autres villes de Pologne. Parallèlement, dimanche, une lettre aux fidèles devait être lue dans toutes les paroisses de Pologne dans laquelle les évêques apportent leur soutien au nouveau projet. "En ce qui concerne la vie des non nés, on ne peut pas en rester au compromis actuel exprimé dans la loi du 7 janvier 1993", y écrivent les évêques. Cette loi limite déjà strictement l'interruption volontaire de la grossesse (IVG) en Pologne, et ne l'autorise que dans trois cas: risque pour la vie et la santé de la mère, examen prénatal indiquant une grave pathologie irréversible chez l'embryon, et grossesse résultant d'un viol ou d'un inceste. Cette loi était considérée à l'époque comme "un compromis" entre l'Eglise et l'Etat. Le nouveau texte proposé par plusieurs organisations anti-avortement autorise une IVG uniquement si elle est nécessaire pour préserver la vie de la mère. Il porte la peine maximale pour la personne qui pratique l'avortement à 5 ans de prison, contre 2 ans actuellement. Selon des estimations des organisations féministes, entre 100.000 et 150.000 femmes procéderaient clandestinement à une IVG chaque année. (Belga)

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