Pologne: Jaroslaw Kaczynski dénonce une tentative de "putsch" au parlement

27/12/16 à 22:11 - Mise à jour à 22:18

Source: Belga

(Belga) Le chef des conservateurs populistes au pouvoir en Pologne, Jaroslaw Kaczynski, a dénoncé mardi une tentative de "putsch" au parlement polonais, propos qualifiés d'"hystériques" par l'opposition centriste et libérale.

Depuis le 16 décembre, des députés d'opposition occupent l'hémicycle pour protester contre l'adoption "illégale", selon eux, de la loi de finances 2017 par la majorité de Droit et Justice (PiS) et d'autres décisions qu'ils jugent antidémocratiques. "Il faut dire les choses comme elles sont: c'était une tentative de putsch", a déclaré M. Kaczynski à l'hebdomadaire de droite wSieci. "C'était une tentative sérieuse de paralyser le pouvoir par la force, d'une manière non démocratique. Elle était fondée sur l'idée que nous n'arriverons pas à adopter le budget", a estimé M. Kaczynski qui en même temps a attaqué les médias commerciaux pour avoir "participé directement à la tentative du putsch et celle de l'attaque contre le parlement". M. Kaczynski, bien que n'occupant aucune fonction institutionnelle, est considéré comme l'inspirateur de toutes les décisions importantes du gouvernement conservateur. "Il n'est pas sérieux de parler d'un putsch dans la situation où PiS viole la Constitution, viole la loi", a commenté mardi à la presse Ryszard Petru le chef du parti libéral Nowoczesna. "C'est de l'hystérie extrême de Jaroslaw Kaczynski", a estimé pour sa part Joanna Kluzik-Rostkowska, une député de Plateforme civique (opposition centriste). Le mouvement de protestation a été déclenché il y a dix jours pour dénoncer une tentative du pouvoir de restreindre drastiquement les libertés de la presse parlementaire, "un prétexte", selon M. Kaczynski. Les députés d'opposition ont alors bloqué la tribune. La majorité conservatrice a alors déplacé les débats dans une autre salle, privant l'opposition de débat et, partiellement, d'accès, et a tenu plusieurs votes dont celui sur le budget 2017. L'opposition juge illégal ce vote, organisé dans des conditions inédites. Des protestations de rue ont suivi, ainsi que le blocage nocturne du parlement par des manifestants. PiS a annoncé depuis un assouplissement sur la question de la liberté des médias, mais reste ferme sur ses autres décisions et considère toutes ses démarches comme conformes à la loi. L'opposition compte rester au Parlement au moins jusqu'au 11 janvier, date qui marque le début d'une nouvelle session parlementaire. (Belga)

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