Polémique : la N-VA boycotte Libération

11/02/11 à 10:46 - Mise à jour à 10:46

Source: Le Vif

Le torchon brûle entre la N-VA et un journaliste du quotidien français Libération. Jean Quatremer, correspondant en Belgique, n'a jamais pu obtenir l'entretien qu'il demandait avec Bart De Wever.

Polémique : la N-VA boycotte Libération

© Belga

La polémique a commencé mardi lorsque Jean Quatremer a publié un article intitulé "Autisme flamingant", sur son blog (l'un des les plus suivis en francophonie), dans lequel il explique comment ses demandes d'entretien avec Bart De Wever sont restées sans réponse.

"J'ai cherché, à plusieurs reprises, à rencontrer le leader de la N-VA, Bart De Wever. Plusieurs tentatives, en 2007, étaient restées vaines. (...) La crise durant depuis plus de neuf mois désormais, (...) j'ai décidé de demander, à nouveau, un entretien avec De Wever que je voulais publier sous forme de questions-réponses dans Libération", explique le journaliste sur son blog.

"Que Bart De Wever ne veuille pas répondre à une interview, c'est son droit, mais la plus élémentaire des politesses impose au minimum une réponse (...). Manifestement un journaliste français identifié comme un "ennemi de la cause flamande", selon l'expression de l'un des mes confrères belges, ne mérite pas la moindre considération", s'indigne-t-il.

La N-VA n'a pas été la seule à refuser toute interview, le CD&V aurait fait de même, selon le journaliste. Un entretien avec Kris Peeters ne lui aurait jamais été accordé tandis qu'il aurait rencontré plusieurs ministres francophones sans problème.

Selon Jean Quatremer, Libération n'est pas le seul journal français à se faire boycotter, le journal Le Monde serait traité de la même façon par les nationalistes.

"C'est en fait la manifestation d'un état d'esprit proche de l'autisme : tous ceux qui ne sont pas avec nous sont contre nous. Inquiétant pour l'avenir de ce pays. En tout cas, il sera difficile aux indépendantistes flamands de se plaindre de mauvais traitement médiatique dès lors qu'ils s'enferment dans leur tour d'ivoire", conclut-il dans son article de mardi.

Mais la polémique ne s'est pas arrêtée là. Le porte-parole de la N-VA Jeroen Overmeer a annoncé, dans une lettre écrite en néerlandais, que Jean Quatremer est en effet "indésirable à la N-VA" et que de ce fait, Libération ne se verra accorder aucune interview avec de Bart De Wever.

"Je me fais un devoir de vous livrer ce courrier glaçant (...) qui sonne comme un "avertissement sans frais"", commente le journaliste. Il a ainsi publié dans son entièreté la lettre su porte-parole sur son blog.

Jeroen Overmeer tente de justifier ce boycotte en reprochant à Jean Quatremer d'avoir comparé la périphérie de Bruxelles avec la situation de l'ex-Yougoslavie.

Il a notamment déclaré que les nationalistes "dirigent (le pays) vers une guerre ethnolinguistique qui rappelle les Balkans". Le porte-parole conclut sa lettre en assurant qu'il ne lui répondrait plus au correspondant. "Si vous m'appelez tout à l'heure, il y a très peu de chances que je décroche le téléphone. Vous pouvez donc vous épargnez cette peine."

Sur son blog, Jean Quatremer remet ses déclarations en contexte. Il conclut son article en affirmant que "la conception de la liberté de la presse et de la démocratie de Bart De Wever et de ses idées est pour le moins inquiétante et rappelle celle qui a cours dans les dictatures."

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