Polémique en Flandre après le viol d'un étudiant déguisé en femme

27/11/12 à 12:47 - Mise à jour à 12:47

Source: Le Vif

L'interdiction de se déguiser en femme lors d'un baptême après une affaire de viol suscite nombre de remous en Flandre. Retour sur les faits.

Polémique en Flandre après le viol d'un étudiant déguisé en femme

© Belga

Au mois d'octobre, un étudiant de 19 ans de la Hogeschool Universiteit Brussel (HUB) déguisé en femme rentre d'une fête de baptême dans le centre-ville de Bruxelles lorsqu'il se fait agresser par un groupe de jeunes. Poussé dans un parking, il va être violé par deux ados de 15 et 17 ans.

L'histoire serait restée confidentielle, car tel était le souhait de la victime et de ses parents, mais aussi de la police, s'il n'y avait eu la rumeur que la HUB, l'école de l'étudiant, interdisait désormais le travestissement lors des baptêmes étudiants.

Il n'en fallait pas plus pour provoquer un tôlé. La Flandre s'est levée lundi d'une seule voix pour dénoncer la puissance liberticide de genre de réglementation. Celle-ci transformait de facto la victime en une victime consentante puisqu'en s'habillant en femme, l'étudiant avait incité le violeur. Une telle réglementation encouragerait l'idée que la faute viendrait de la victime et non de l'agresseur. Indignation on ne peut plus juste sur le fond. Sauf qu'il n'y aurait jamais eu une telle réglementation au sein de la HUB.

L'école affirme qu'il n'a jamais été question d'interdire un quelconque choix vestimentaire. Les étudiants eux-mêmes confirment. "C'était uniquement d'un accord proactif et temporaire pour assurer la sécurité de chacun". Selon le porte-parole de la HUB, Filip Clarisse, il ne s'agissait ici que d'une concertation avec les étudiants pour savoir ce qu'il était possible de faire pour éviter ce genre d'incidents à l'avenir : "nous avons seulement essayé d'agir en tant que bon père de famille. Les étudiants sont toujours libres d'en tenir compte ou non" déclare-t-il dans le Standaard. Le psychologue de l'école, Marc Ophalvens, confirme à son tour : "nous avons passé un accord entre l'école, la police et les étudiants. Et tout le monde était d'accord. Nous avons simplement choisi la prudence dans un moment de crise". Il est vrai qu'à ce moment les auteurs des faits, qui sont aujourd'hui placés en centre fermé, n'avaient pas encore été interpellés et il y avait encore plusieurs autres baptêmes de prévus.

L'école n'a d'ailleurs donné aucun écho de cette dramatique affaire au moment des faits. "C'est à la demande expresse de parents de la victime et de la police que nous n'avons pas révélé publiquement cet incident. Nous avons introduit en interne un plan d'aide psychologique. Par ailleurs, la police nous a assuré qu'il s'agissait d'un fait particulièrement rare et isolé" conclut Filip Clarisse dans les colonnes du Standaard.

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