Philippe Moureaux demande du temps pour Maggie De Block dans le dossier afghan

14/01/14 à 15:06 - Mise à jour à 15:05

Source: Le Vif

Le sénateur Philippe Moureaux (PS) a appelé au calme mardi dans le dossier des ressortissants afghans qui cherchent une protection en Belgique. Selon lui, il faut laisser le temps à la secrétaire d'État, Maggie De Block (Open Vld), de trouver des solutions humaines au cas de ces personnes.

Philippe Moureaux demande du temps pour Maggie De Block dans le dossier afghan

© Image Globe

"Sur le fond, je suis très proche des questions posées. Nous avons connu un certain gonflement médiatique et je pense qu'il faut laisser à la ministre un délai pour trouver une solution à ces problèmes humains douloureux. Il faut éviter de maintenir trop dans la première actualité ce sujet, ce qui a tendance à figer les positions", a expliqué M. Moureaux à l'occasion de questions posées en Commission de l'Intérieur du Sénat.

Ces dernières semaines, la tension médiatique dans le dossier des Afghans est montée de quelques crans. Des Afghans ont marché sur Mons et Gand pour sensibiliser le monde politique et la population à leur situation et à la crainte que leur inspire un retour vers leur pays d'origine, toujours en proie aux violences.
La semaine passée, une altercation très médiatisée a eu lieu en séance plénière du Sénat entre Mme De Block et la chef de groupe Ecolo, Zakia Khattabi. Les nombreux messages haineux reçus par la sénatrice l'ont poussée à introduire un signalement au Centre pour l'égalité des chances.

M. Moureaux n'a pas manqué lui non plus d'alimenter la polémique, en dénonçant le "cynisme absolu" et le "populisme" de Mme De Block ou en comparant sa politique avec celle de Roger Nols, ancien bourgmestre bruxellois connu pour son rapprochement avec l'extrême droite.

La réponse qu'a fournie la secrétaire d'Etat au sénateur Bert Anciaux (sp.a) n'a pas apporté d'élément neuf. Le taux de reconnaissance des demandes d'asile ou de protection émanant d'Afghans s'élève à 53 pc, soit un niveau supérieur à la moyenne européenne (49 pc en 2013), a rappelé Mme De Block qui juge la Belgique "généreuse" dans ce domaine.

Avant le congé de fin d'année, à l'issue d'une rencontre avec une délégation de manifestants, la secrétaire d'Etat et le Premier ministre avaient invité les Afghans qui estimaient avoir droit à une protection à réintroduire individuellement de nouvelles demandes et d'y joindre de nouveaux éléments concernant notamment la situation dans leur pays d'origine. A ce jour, 80 personnes ont suivi cette recommandation. Leur dossier est examiné par le Commissariat Général aux Réfugiés et aux Apatrides (CGRA), une instance indépendante, a insisté Mme De Block.

"A l'heure actuelle, il est impossible de dire quelles seront les décisions, mais ces décisions seront prises en connaissance de cause", a-t-elle ajouté.

Willy Demeyer (PS) devait également interroger la secrétaire d'Etat mais il s'est fait excuser pour raison de santé. M. Anciaux a, de son côté, fait état des demandes des associations qui ont accompagné les Afghans dans leur marche vers Gand, notamment la revendication d'un moratoire sur les expulsions tant que la Belgique n'a pas adopté une position claire sur la situation de la sécurité en Afghanistan.

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