Petits partis : W+ et le RWF, avec la France deux fois

02/06/10 à 17:55 - Mise à jour à 17:55

Source: Le Vif

Deux partis rattachistes en Wallonie, ça fait beaucoup. Wallonie Plus (W+), dernier arrivé, reconnaît que c'est le Rassemblement Wallonie-France (RWF) qui, pour le grand public, porte l'image de l'union à la France. Mais les programmes ne sont pas identiques : W+ plaide pour une Belgique provisoire.

Petits partis : W+ et le RWF, avec la France deux fois

© Belga

Le parti W+ (www.wallonieplus.be) est né début février du rassemblement (wallon évidemment) d'à peu près tous les partis et mouvements régionalistes, autonomistes, indépendantistes, ou rattachistes. (*) "Ce qui n'est évidemment pas le cas de "Wallonie d'abord", une dissidence du Front National, un parti d'extrême droite déguisé en parti wallon, ce qui crée une scandaleuse confusion", s'indigne Claude Thayse, coordonateur de W+.

Fédérer autant de groupuscules qui ne partagent pas forcément la même vision de l'avenir de la Wallonie n'est pas simple. Claude Thayse avoue que c'était compliqué au départ, mais explique que tout le monde s'est mis d'accord sur des évolutions successives. "D'abord, sortir la Wallonie de la Belgique, dit-il, ce qui veut dire lui donner un maximum d'autonomie, de souveraineté. Dans l'Etat belge si c'est encore possible. Ensuite, quand la Wallonie sera plus à l'aise, l'adossement à un Etat voisin." La France évidemment ? "Cela, on verra", répond avec le sourire celui qui, entre deux présidences de Paul-Henry Gendebien, a dirigé le Rassemblement Wallonie-France en 2005 et 2006. C'est en soi une réponse.

W+ cite volontiers la lettre au Roi de Jules Destrée, en 1912 ("Sire, il n'y a pas de Belges, mais des Wallons et des Flamands") pour expliquer que la séparation de la Wallonie et de la Flandre est inscrite dans l'histoire. "Au début du siècle dernier, rappelle Claude Thayse, la Belgique était, derrière l'Angleterre, la 2e nation industrielle au monde. Nous devrions pouvoir rejoindre le plus haut niveau à l'intérieur de l'Europe. Un peu comme le Pays basque, de vieille tradition industrielle lui-aussi, l'a fait grâce à la maîtrise de son enseignement, de la formation, de la culture."

Une Belgique provisoire

Inutile donc de préciser que W+ demande la régionalisation des compétences de la Communauté française. "Dont la recherche, écartelée entre le fédéral, la Communauté et la Région. C'est vital : la recherche, c'est l'avenir !"

En attendant que la Wallonie ait retrouvé "ses aises", W+ prône "une Belgique refondée et provisoire, basée sur quatre régions libres, autonomes et égales en droit, la Flandre, Bruxelles et la Wallonie, mais aussi une Région germanophone à laquelle aspirent légitimement les habitants de l'est du pays." Une sorte de "confédéralisme respectueux", sur base territoriale parce que c'est la définition même d'une entité politique, mais qui permettra, pour Claude Thayse, d'éviter des drames, comme celui "des populations francophones égarées autour de Bruxelles, une des mines laissées par ces gens qui sont entrés à rebours dans le fédéralisme parce qu'ils n'y croyaient pas, une mine qui maintenant nous explose à la figure."

Avec la France

Si W+ et le RWF sont d'accord sur le constat que le fédéralisme belge actuel ne fonctionne pas, et sur l'objectif d'une destinée commune avec la France, les deux partis divergent sur le phasage et la forme que doit prendre cette union. Pour le RWF, la Wallonie doit tout simplement devenir la 23e grande région française (avec Namur pour chef-lieu), et les provinces des départements. W+ de son côté entend prendre le temps de négocier le rattachement de la Wallonie, qui deviendrait un Etat associé à la France, jouissant d'un statut particulier d'autonomie, gardant ses institutions, son droit et ses compétences actuelles, élargies par les transferts de la Communauté française et du fédéral.

Mais deux partis rattachistes en Wallonie, ça fait tout de même beaucoup...

MICHEL DELWICHE

(*) RW (Rassemblement wallon), France, PR (Parti républicain), ADW (Alliance démocratique wallonne), UPW (Union pour la Wallonie), WALLONS, Socialisme démocratique, Citoyens wallons, Debout la Wallonie, ainsi que de transfuges du RWF.

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