Perspectives pour 2017

L'année 2016 a été pour le moins mouvementée sur les places boursières. Que réserve 2017 ? Décryptage en compagnie du Prof. Dr. Stefan Duchateau, qui dévoile ses principaux thèmes d'investissement.

Perspectives pour 2017

Prof. Dr. Stefan Duchateau et Matthieu De Coster © .

Dans quelques semaines, l'année 2016 tirera sa révérence et l'on peut d'ores et déjà affirmer qu'elle entrera dans l'histoire comme une année boursière très chahutée. Cela a mal commencé, avec le krach chinois en janvier, suivi de la terreur et du Brexit qui ont, l'un comme l'autre, fait trembler les indices boursiers. Et pour couronner le tout, la victoire surprise de Donald Trump, devenu le 45e président des États-Unis. Après le mouvement de panique initial, la situation sur les marchés financiers s'est vite normalisée, comme ce fut le cas à l'époque du Brexit.

"Dans la constellation économique actuelle, il n'est peut-être pas complètement absurde de venir avec un plan audacieux et ambitieux pour stimuler la croissance économique américaine et la porter à un plus haut niveau", analyse Stefan Duchateau, conseiller du Groupe Argenta, face à la nouvelle Amérique qui se dessine. "Tant que la banque centrale américaine évalue correctement son impact sur l'inflation et réagit de manière ad hoc."

Des taux à long terme toujours bas

Dans la zone euro, l'inflation est entre-temps revenue à un niveau plus normal. "La question est toutefois de savoir si le taux négatif à long terme en Allemagne est encore justifié. Le rebond des taux d'intérêt à long terme n'est, à mes yeux, rien de plus qu'une normalisation", constate Stefan Duchateau.

Pas question, pour lui, d'y voir un changement de tendance. "L'évolution de ces taux à long terme est déterminée par les développements démographiques. Il faut attendre une nouvelle avancée sur le plan technologique capable de relancer le moteur économique. Au cours des prochaines années, je ne m'attends donc pas à une hausse structurelle des taux à long terme."

"Attention, des fluctuations restent toujours possibles bien sûr et celles-ci peuvent avoir un sérieux impact sur le rendement intermédiaire de votre portefeuille d'obligations. Une augmentation de 1 pour cent peut très vite occasionner une perte de 7 à 8 pour cent", prévient Matthieu De Coster, gestionnaire de produits d'investissement chez Argenta.

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"La bourse de Bruxelles est chère"

Les obligations belges ou allemandes ne rapportant rien, Stefan Duchateau préfère se tourner vers des pays comme l'Espagne et la Pologne. L'Italie figure également sur sa liste mais, en raison de l'incertitude quant à l'issu du référendum sur le rôle du Sénat italien, elle reste sur la touche. "On peut naturellement toujours trouver des obligations offrant des rendements plus élevés mais les obligations se doivent d'instaurer un cadre sécuritaire, elles ne servent pas à spéculer", affirme-t-il résolument.

Moment d'entrée favorable pour le biotech

En ce qui concerne les actions, Stefan Duchateau recommande d'être très sélectif. "Au niveau des résultats d'entreprise, la Belgique est le meilleur élève de la classe européenne, mais les cours reflètent déjà ces bonnes nouvelles. Ainsi le ratio cours/bénéfice (attendu) de l'indice MSCI Belgium s'élève à pas moins de 20. Côté allemand, l'indice n'est que de 13 et, dès lors, nettement plus attractif. Le taux de croissance dans l'industrie américaine est également insuffisant, obligeant l'investisseur à se montrer très sélectif là également."

Et les pays BRIC ? Stefan Duchateau n'en a jamais été fan. "En Russie et au Brésil particulièrement, les bénéfices attendus des entreprises sont trop faibles et, qui plus est, trop volatiles. En Chine, les actions des biens de consommation peuvent se révéler intéressantes. L'un dans l'autre, l'Inde dispose encore des meilleures cartes."

Quel secteur privilégier ? Pour Stefan Duchateau, les opportunités se situent essentiellement dans le lifestyle, la technologie, la sécurité et l'eau. "Au cours des derniers mois, les secteurs pharmaceutique et des biotechnologies ont connu de sérieux revers et je pense que nous sommes à présent à un moment d'entrée intéressant."

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