Pérou: plus de 5.000 manifestants contre la grâce accordée à Fujimori

26/12/17 à 04:08 - Mise à jour à 04:11

Source: Belga

(Belga) Plus de cinq mille personnes manifestaient lundi soir à Lima, malgré les fêtes de Noël, pour dénoncer la grâce accordée à l'ex-président Alberto Fujimori et exiger la démission de l'actuel chef de l'Etat qu'elles accusent d'avoir négocié politiquement cette mesure.

"Dehors, dehors PPK!" (acronyme et surnom du président Pedro Pablo Kuczynski, ndlr), scandaient les manifestants descendus dans la rue à la tombée de la nuit après des appels relayés sur les réseaux sociaux. D'importantes forces de l'ordre étaient déployées dans les rues de la capitale péruvienne pour empêcher les manifestants de rejoindre la clinique où Alberto Fujimori est hospitalisé depuis samedi pour arythmie et tension artérielle basse. Devant la clinique, des centaines de sympathisants de l'ancien homme fort du pays étaient rassemblés pour fêter sa remise en liberté. Président de 1990 à 2000, M. Fujimori, 79 ans et d'origine japonaise, purgeait depuis 2007 une peine de 25 ans de prison pour corruption et crimes contre l'humanité pour avoir commandité l'assassinat de 25 personnes aux mains d'un escadron de la mort durant la guerre contre les guérilleros du Sentier lumineux (extrême gauche maoïste). Dimanche, Pedro Pablo Kuczynski lui a accordé une grâce "humanitaire", alors qu'il s'était engagé durant sa campagne électorale de 2016 à ne pas le libérer. Des proches des victimes de la politique antiterroriste menée par Fujimori ont rejoint la manifestation. "Tout fait partie d'un jeu politique, les raisons de santé (invoquées pour le grâcier) ne sont pas claires, nous sommes ici avec les proches (des victimes) pour dénoncer cette grâce illégale car elle ne correspond pas à la gravité des délits sanctionnés", a déclaré aux journalistes Gisella Ortiz, représentante d'un groupe de familles. Le président Kuczynski a grâcié Alberto Fujimori sur la base d'une recommandation médicale, trois jours après avoir échappé à une destitution lors d'un vote au Parlement soutenu par une partie des députés fujimoristes, divisés sur la question. (Belga)

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