Péage urbain : un tarif de 12 euros par jour pour désengorger Bruxelles

21/01/14 à 09:42 - Mise à jour à 09:42

Source: Le Vif

Un péage urbain à trois euros par jour, tel qu'envisagé par le secrétaire d'État bruxellois à la Mobilité, Bruno De Lille (Groen), ne suffirait pas pour atteindre les objectifs de désengorgement du trafic dans la capitale, selon une étude réalisée par le bureau Stratec, dont La Libre rend compte mardi.

Péage urbain : un tarif de 12 euros par jour pour désengorger Bruxelles

© Image Globe

Le gouvernement bruxellois s'est engagé à réduire la pression automobile de 20% à l'horizon 2018. L'étude réalisée par Stratec, à la demande du gouvernement, confirme que le péage urbain se profile comme le moyen le plus efficace d'atteindre l'objectif.

Plutôt qu'une tarification au kilomètre ou au franchissement d'une barrière, le bureau préconise un péage de zone, où tout le monde paie à l'intérieur d'un périmètre donné, quelles que soient les distances parcourues. Il fonctionnerait via des caméras couplées à un système de reconnaissance des plaques d'immatriculation qui repérerait les voitures dès qu'elles entrent en mouvement.

Plusieurs formules tarifaires sont envisagées. Stratec estime que le tarif de 12 euros par jour permet d'atteindre un résultat "proche de l'optimum". Un prix de trois euros par jour ne permettrait pas à la Région d'atteindre ses objectifs.

De Lille ne veut pas "utiliser un bazooka pour tuer une mouche"

Le secrétaire d'État bruxellois à la Mobilité, Bruno De Lille (Groen), maintient sa préférence pour un péage urbain à tarif modéré. Il ne veut pas "utiliser un bazooka pour tuer une mouche".

"Je ne tire pas les mêmes conclusions", a réagi mardi matin M. De Lille, qui précise que l'étude ne sera présentée que d'ici deux semaines.

Le secrétaire d'État maintient qu'une tarification à trois euros, privilégiée jusqu'à présent, serait plus favorable. Un tarif de douze euros permettrait certes d'augmenter les recettes, mais son "effet sur la mobilité n'est pas tellement grand".

M. De Lille se veut "très clair": "ce n'est pas une mesure financière, mais une mesure de mobilité. Pour moi, ça ne peut pas être une nouvelle taxe". Il privilégie un "glissement de la taxation de la possession vers l'utilisation de la voiture", car "quelqu'un qui utilise sa voiture tous les jours pèse beaucoup plus que celui qui l'utilise le samedi matin pour aller au Colruyt".

Les moyens récoltés devront être réinvestis dans les transports publics, poursuit-il, en se déclarant confiant dans la capacité d'offrir rapidement des solutions de mobilité alternatives. "D'abord des bus, puis d'autres moyens", dit-il, citant Londres en exemple.

Cette réorientation de la fiscalité automobile devra être examinée par le prochain gouvernement bruxellois, à l'aune des nouvelles compétences qui lui seront dévolues par le réforme de l'État. Les autorités de la capitale sont par ailleurs en discussion avec les Régions wallonne et flamande en vue de l'instauration d'une taxation au kilomètre. Elles seront amenées à choisir entre les deux systèmes, à opter pour une combinaison ou à envisager d'autres pistes.

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