Pays-Bas: le Premier ministre échappe à une motion de censure

17/12/15 à 02:59 - Mise à jour à 02:59

Source: Belga

(Belga) Le Premier ministre néerlandais Mark Rutte et deux membres de son gouvernement ont échappé mercredi à une motion de censure du Parlement à cause du scandale impliquant un baron de la drogue qui secoue depuis des mois le VVD, parti au pouvoir.

Pays-Bas: le Premier ministre échappe à une motion de censure

Pays-Bas: le Premier ministre échappe à une motion de censure © BELGA

La motion de censure contre M. Rutt, son ministre de la Justice Ard van der Steur et son adjoint Klaas Dijkhoff, tous trois membres du VVD (Parti populaire libéral et démocrate), a été rejetée de justesse après huit heures de débat (77 voies contre, 65 pour). Mark Rutte a estimé qu'il s'agissait pour lui "du moment le plus difficile en 13 ans de carrière politique". C'est la gestion de l'accord en 2000 entre des procureurs et le baron de la drogue Cees Helman qui est en cause après les révélations sur l'indemnisation reçue par M. Helman. Ce trafiquant, à la tête d'un réseau international de trafic de drogue dans les années 80 et 90, a vu ses comptes au Luxembourg saisis lors d'une enquête en 1993. Or la justice néerlandaise, dans l'incapacité de prouver que ces biens provenaient du trafic de drogue, a été contrainte en 2000 de lui en rembourser une partie. Interrogé sur cette affaire en 2014, le ministre de la Justice Ivo Opstelten avait dans un premier temps affirmé qu'il n'y avait pas de trace de cette indemnisation, avant de reconnaître un accord portant sur 1,25 millions de florins (567 000 euros). Des documents du ministère de la Justice dévoilés en mars 2015 ont révélé que Cees Helman avait en réalité reçu 4,7 millions de florins (2,13 millions d'euros) de la justice néerlandaise. La somme a transité par des comptes luxembourgeois, sans prévenir les autorités fiscales. Ces révélations ont provoqué la démission immédiate de Ivo Opstelten en mars. Mercredi, Mark Rutte a tenu à adresser "ses plus plates excuses". "Nous avons fait des erreurs, nous avons appris la leçon", a-t-il assuré. Samedi, la présidente de la chambre basse du parlement néerlandais avait démissionné, devenant le troisième responsable politique affecté par ce scandale. (Belga)

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