Pauvreté: "on peut être inquiet pour le futur des CPAS"

27/02/14 à 16:20 - Mise à jour à 16:20

Source: Le Vif

Suite à la parution des chiffres alarmants du SPP Intégration sociale sur l'explosion du nombre de personnes dépendantes du revenu d'intégration sociale (RIS), Levif.be a interrogé le président du SPP, Julien Van Geertsom.

Pauvreté: "on peut être inquiet pour le futur des CPAS"

© Image Globe

L'augmentation du nombre de personnes bénéficiant du revenu d'intégration sociale (RIS) a explosé de 19% en cinq ans pour atteindre près de 100.000. C'est énorme.

Julien Van Geertsom: Cette augmentation est surtout imputable aux années 2009, +9% environ, et 2010, +4%, quand la crise a frappé. 2011 et 2012 ont vu une stabilisation, avant un retour à la hausse, +3,3%, en 2013, principalement parce que la crise perdure. Les personnes qui ont perdu leur emploi se sont surendettées et doivent maintenant faire appel à l'aide sociale. Il ne faut pas oublier que ce genre de phénomène prend du temps à se manifester dans les chiffres du RIS.

Quelle est la part de jeunes dans ces chiffres ?

Ils représentent environ un tiers des bénéficiaires du RIS. Ce sont majoritairement des jeunes peu scolarisés, qui n'ont pas de diplôme, qui ne trouvent pas de travail et qui par conséquent n'ont pas droit au chômage.

Et le futur n'est pas rose. Dans près de 10 mois, environ 55.000 personnes vont se faire exclure du chômage. Cela vous inquiète ? D'abord, il est difficile de dire combien de ces personnes auront droit au revenu d'intégration social. Une personne qui n'est pas isolée, qui aura d'autres moyens de subsistance n'y aura pas droit. Mais évidemment, nous sommes inquiets.

Comment les CPAS vont-ils faire face ?

Le gouvernement actuel avait décidé que ces nouvelles charges pour les CPAS seraient compensées par un plus grand soutient du fédéral. Mais ce sera au prochain gouvernement de voir si cette politique sera bel et bien appliquée.

Quoi qu'il en soit, vu l'augmentation des personnes qui bénéficient du RIS et des jeunes qui dépendent des aides sociales, on peut être inquiet pour le futur des CPAS. Le plus important sera d'aider les jeunes à trouver un emploi, c'est-à-dire une place dans la société.

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