"Pas de pitié pour les handicapés bruxellois!" Le spot radio qui dérange

04/12/14 à 11:01 - Mise à jour à 08/12/14 à 09:03

Sur ordre du Jury d'Ethique Publicitaire, un spot pour les entreprises de travail adapté ne sera plus diffusé sur les ondes radios francophones et néerlandophones suite à une plainte d'un auditeur indigné de son ton politiquement incorrect.

"Pas de pitié pour les handicapés bruxellois!" Le spot radio qui dérange

© istock

Vous l'avez certainement entendue, cette publicité lancée à la mi-novembre sur les ondes radio pour la promotion de l'insertion professionnelle des personnes handicapées. Dans ce spot, un chef d'entreprise déclare sur un ton sarcastique, qu'il "n'a pas de pitié pour les handicapés": "Handicapés physiques, mentaux, malentendants... Tous ceux qui peuvent : au travail ! Je ne fais pas de différence", ajoutant encore que "les entreprises de travail adapté bruxelloises mettent au travail des personnes en situation de handicap, elles sont flexibles, performantes et tout cela à des prix compétitifs !.

La Fédération bruxelloise des Entreprises de Travail Adapté (Febrap) avait délibérément choisi un ton politiquement incorrect pour ce spot publicitaire. Mais comme c'est parfois le cas quand on traite ce genre de sujet sensible, l'humour n'a pas été apprécié par tous les auditeurs. Une plainte a été introduite au Jury d'Ethique Publicitaire selon une information du Nieuwsblad, Het Belang van Limburg et De Standaard.

"Du mépris pour les personnes handicapées"

Selon les termes employés dans l'avis rendu par l'instance, "le plaignant a été choqué et indigné par la publicité. Que le message choisi aie l'intention de "faire choc" est évident pour le plaignant, mais selon lui cela n'excuse pas le ton et les mots porteurs de mépris pour les personnes handicapées."

La campagne publicitaire polémique s'est terminée comme prévu le 30 novembre mais suite à la plainte formulée par cet auditeur, le Jury d'Ethique Publicitaire a décidé de ne plus permettre sa diffusion à la radio. Le Jury avance notamment dans la note publiée sur son site que "le second degré visé par l'annonceur n'est pas assez clair à l'écoute du spot et que la perception de l'auditeur moyen s'arrêtera au premier degré. L'aspect de mise au travail forcé et de rentabilité risque de ressortir malgré tout à la première écoute."

"Nous nous rendons compte que le ton employé dans ce spot interpelle", se défend, de son côté, Michael Lans, chargé de relations chez Febrap. "Nous regrettons si le ton du spot a heurté certaines personnes en situation de handicap. Nous l'avions testé auprès de personnalités du secteur du handicap avant la diffusion et nous avions reçu leur feu vert. Par ailleurs, durant la diffusion, nous avons reçu des marques de soutien de beaucoup de travailleurs, clients, organisations et responsables politiques de tous bords", réagit-il.

A Bruxelles, plusieurs centaines d'entreprises et des milliers de particuliers recourent chaque année aux entreprises de travail adapté bruxelloises. "Ces clients permettent à un jardinier, un imprimeur ou un manutentionnaire d'exercer son métier. Nos travailleurs ne demandent pas qu'on fasse appel à eux par pitié, en raison de la situation de handicap dans laquelle ils se trouvent. Ils veulent que le client soit satisfait de leurs prestations. Ils sont fiers de leur savoir-faire", explique encore Marc Willocx, le vice-président de la FEBRAP et directeur d'une ETA bruxelloise.

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