Parcours sans faute pour les premiers pas du septième roi des Belges

21/07/13 à 14:09 - Mise à jour à 14:09

Source: Le Vif

C'est un Philippe serein, sûr de lui, qui veut positiver dans une Belgique en pleine mutation. Premier geste significatif : la perche tendue aux entités fédérées.

Parcours sans faute pour les premiers pas du septième roi des Belges

© Image Globe

La main qu'il a levé, deux doigts joints, n'a pas tremblé. Philippe est devenu septième roi des Belges sans la moindre hésitation. Sans laisser planer l'ombre d'un doute sur une fébrilité que d'aucuns craignaient.

Une intronisation sans incidents. Cela change. Philippe entame son règne tout en douceur. Sans chahut. Sans avoir eu à subir un " Vive la République " lancé dans l'hémicycle parlementaire, à l'heure de prêter le serment constitutionnel. Son oncle Baudouin, son père Albert II, n'avaient pas eu cette chance au moment fatidique.

L'hypothèse d'un coup d'éclat, venu des bancs nationalistes flamands, était minime : les élus N-VA, venus en délégation, avaient promis de rester coi. Le Vlaams Belang avait anticipé en boudant la séance d'intronisation.

Rien n'est donc venu perturber les premiers pas du nouveau souverain. Philippe, face aux Chambres réunies, n'a pas trébuché. Il a accompli sa prestation de main de maître. Posé, concentré, attentif. Sûr de lui. Le sourire sans doute un peu crispé, mais de rigueur dans des circonstances aussi solennelles qui n'autorisent pas le droit à l'erreur.

L'exercice qui attend un nouveau roi des Belges relève toujours de l'examen linguistique. Philippe l'a réussi plus qu'honorablement, dans toutes les langues nationales avec lesquelles il a jonglé avec aisance. Qu'il soit en néerlandais, en français, en allemand, le ton employé était juste.

Le message délivré, le tout premier de son règne, à l'occasion du discours du trône, s'est voulu tout aussi rassurant. Rien n'y a manqué : l'hommage au père, pour son côté " profondément humain, chaleureux, attentif ". Un mot pour sa mère, la Reine Paola, " sereine, digne ", toujours là " pour appuyer le peuple belge dans des moments difficiles." Une marque de tendresse pour son épouse, Mathilde qui a couvé son mari du regard.

Auront tout de même manqué à cette touche familiale du discours de Philippe sa soeur Astrid et son frère Laurent, auquel le nouveau Roi n'a fait aucune allusion. Pas plus qu'au souvenir du Roi Baudouin, qui l'a initié au métier de Roi.

Pas de leçon de morale non plus, ou d'appel appuyé à lutter contre les égoïsmes collectif et individuel, comme l'avait fait son père vingt ans plus tôt, en citant Alexis de Tocqueville.

Philippe se tourne vers l'avenir institutionnel. Il a d'autres engagements à annoncer, à l'aube de son règne. Il a surtout cette main tendue qu'il offre aux entités fédérées. Elles auront plus que jamais leur mot à dire dans la Belgique reconfigurée. Message reçu cinq sur cinq par le Roi. Qui choisit de positiver. " La force de la Belgique se fonde sur les entités fédérées. J'entends entretenir des contacts constructifs avec ses responsables."

Ce geste d'ouverture aura été apprécié à sa juste valeur par les ministres-présidents de Flandre, de Wallonie, de Bruxelles et de la Communauté germanophone, installés aux premières loges pour écouter Philippe. Face à un trône qui était encadré des écussons des Régions et Communautés.

Les règnes des rois des Belges se suivent et se ressemblent. Albert II avait entamé le sien en 1993, à la tête d'une Belgique qui entrait dans l'ère fédérale par le biais d'une réforme de l'Etat. Philippe débute le sien sous les auspices d'une nouvelle réforme de l'Etat, la sixième du genre. Qui sera synonyme, relève le nouveau roi, d' " un pouvoir décisionnel plus proche des citoyens."

Philippe sera un roi du dialogue : il s'y engage. Résolu à jouer le jeu d'une Belgique en mutation institutionnelle. Une manière pour le Roi de répondre à la lettre de mission que venait de lui adresser le président de la Chambre, André Flahaut (PS) : " la tâche d'un Roi ne se définit pas uniquement par la sauvegarde d'un héritage. Mais elle s'inscrit dans la modernité du temps présent."

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