Pacte énergétique: Bart De Wever torpille Charles Michel selon les Verts

25/12/17 à 15:18 - Mise à jour à 16:41

Source: Belga

Les déclarations dimanche du président de la N-VA, Bart De Wever, pour qui le débat sur la sortie du nucléaire ne sera probablement pas tranché avant les négociations pour la formation d'un gouvernement en 2019, torpillent la volonté du Premier ministre Charles Michel de faire aboutir le Pacte énergétique, ont affirmé lundi Ecolo et Groen.

Pacte énergétique: Bart De Wever torpille Charles Michel selon les Verts

Patrick Dupriez, co-président d'Ecolo © BELGA

"Ce n'est plus du conservatisme, c'est du rétrogradisme", a dénoncé le co-président d'Ecolo Patrick Dupriez sur Twitter. Il rappelle que le Premier ministre avait assuré le 13 décembre dernier qu'il ne laisserait personne torpiller le Pacte énergétique interfédéral, qui prévoit la sortie du nucléaire en 2025. M. Michel avait alors estimé qu'il serait bon de donner un signal au début de l'année 2018 aux acteurs économiques.

Or le 24 décembre, "Bart De Wever lui envoie cette grosse torpille", souligne Patrick Dupriez. Pour lui, ne pas décider rapidement de sortir du nucléaire revient à prolonger le nucléaire. En outre, "ne pas décider aujourd'hui, c'est payer plus cher demain la transition énergétique".

Chez Groen, la présidente Meyrem Almaci rappelle que la sortie du nucléaire a été votée en 2003, qu'elle figure dans l'accord du gouvernement actuel et a été confirmée par la N-VA dans une loi de 2015. "On sait en plus que l'énergie nucléaire empêche des investissements dans l'énergie renouvelable, prenons donc encore deux ans de retard", ironise-t-elle, en évoquant un échec pour M. Michel.

Dans les rangs de la majorité, le député flamand Willem-Frederik Schiltz (Open Vld) rappelle lui aussi l'existence de l'accord gouvernemental et la confirmation de 2015. Il insiste sur la clarté nécessaire pour des investissements rapides. "Reporter maintenant la transition vers un système énergétique renouvelable revient à abandonner la décision aux mains des géants français de l'énergie. Et toute décision en 2019 sera devenue obsolète", ajoute-t-il.

Plusieurs observateurs voient par ailleurs dans cette sortie de Bart De Wever sur le nucléaire une manière d'allumer un contre-feu alors que le dossier soudanais fait vaciller le secrétaire d'Etat N-VA Theo Francken.

Wouter Beke souhaite s'en tenir à l'accord de gouvernement

Le président du CD&V, Wouter Beke, a affirmé dimanche sa volonté de respecter la loi et l'accord de gouvernement qui prévoient la fermeture des centrales nucléaires belges en 2025. "Si cela tient à nous, elles (les centrales nucléaires) fermeront. C'est ainsi dans l'accord de gouvernement", a-t-il déclaré dans un entretien publié par le site d'information Newsmonkey.

"Ce qui se trouve sur la table (le projet de pacte énergétique présenté par les ministres de l'Énergie du fédéral et des Régions) doit encore être complété par des chiffres. Mais il est fondamental de faire le choix (entre la poursuite du nucléaire ou son arrêt)", a ajouté M. Beke.

Selon le président du CD&V, des investissements seront nécessaires dans les deux cas. "La question est: investissons-nous dans ce qui existe? En sachant que dans cinq ou dix ans nous devrons à nouveau investir dans l'existant. Ou faisons-nous la transition vers l'énergie durable, vers l'avenir de notre politique climatique et allons-nous dans cette direction? Je pense qu'il y a un consensus relativement large pour faire ce deuxième choix", a-t-il souligné.

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