"Oprah 2020" déchaîne les passions aux Etats-Unis

09/01/18 à 03:05 - Mise à jour à 03:06

Source: Belga

(Belga) En quelques minutes d'un discours inspiré, dimanche, la vedette de la télévision américaine Oprah Winfrey est devenue la favorite d'Hollywood et de ses fans pour battre Donald Trump en 2020 dans la course à la présidence, un sujet qui a immédiatement pris une place de choix dans les médias américains.

Récompensée par le prix Cecil B. DeMille pour l'ensemble de sa carrière lors de la cérémonie des Golden Globes, celle que tout le monde surnomme "Oprah" a construit son discours sur le mouvement amorcé par l'affaire Weinstein, mais en allant bien au-delà. Il n'en fallait pas plus pour qu'Internet s'enflamme, proclamant la star candidate idéale à la Maison Blanche. Annonçant dans son allocution l'arrivée d'une "aube nouvelle" pour les femmes et les jeunes filles, dans la foulée des scandales à répétition touchant à des abus sexuels les visant, elle a livré une déclaration de 9 minutes vue immédiatement par beaucoup d'observateurs comme un tournant dans sa vie publique. Interrogée après son discours sur son intention de se présenter dans la prochaine course à la présidence du pays, elle a répondu ne pas y penser, selon plusieurs médias américains. En juin, après avoir cultivé l'ambiguïté sur le sujet, elle avait assuré qu'elle ne se présenterait jamais à aucun mandat politique. Mais, selon CNN, qui citait lundi deux personnes anonymes de son entourage, l'actrice de 63 ans "réfléchit sérieusement" à une candidature, à près de trois ans de l'échéance. "C'est aux gens de décider", a déclaré dimanche au Los Angeles Times le compagnon de longue date d'Oprah Winfrey, Stedman Graham. "Elle le ferait, c'est clair." Sans surprise, le tout Hollywood est en tout cas déjà derrière elle. "Je ne crois pas qu'elle avait l'intention" de se déclarer, a réagi l'actrice Meryl Streep au Washington Post, "mais maintenant, elle n'a plus le choix." "Oprah présidente? Elle a ma voix", a tweeté la chanteuse Lady Gaga, au diapason de beaucoup d'autres. Les voix discordantes sont venues, notamment, des éditorialistes, qui soulignent la dérive possible de la politique américaine vers un système dans lequel le vedettariat aurait davantage de poids que l'expérience et la maturité politiques. "Ressaisissez-vous. Oprah ne devrait pas se présenter à la présidence", a lancé, en titre de sa tribune, l'éditorialiste Paul Waldman, dans le Washington Post. "Il est vrai que les Démocrates ont sous-estimé l'importance du charisme en matière présidentielle", a-t-il écrit. "Mais la réponse à ces échecs électoraux ne doit pas consister à ne plus se soucier du fond." "Oprah, ne fais pas ça", a quant à lui titré l'essayiste et écrivain Thomas Chatterton Williams dans une tribune pour le New York Times. "Si la première année de l'administration Trump a montré clairement quelque chose, c'est que l'expérience, la connaissance, l'éducation et la sagesse politique ont une importance immense", a-t-il écrit. "La présidence n'est pas de la télé-réalité ou un talk-show." (Belga)

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