"on va encore toucher les gens avec l'impôt le plus injuste"

21/12/14 à 14:57 - Mise à jour à 14:57

Source: Belga

L'opposition ne croit pas à l'ambition affichée par le gouvernement Michel d'entreprendre une réforme fiscale qui permettra d'augmenter le salaire poche des travailleurs. En deux mois, il vient de faire le contraire, a-t-elle laissé entendre lors des débats télévisés du dimanche sur la RTBF et RTL-TVI.

"on va encore toucher les gens avec l'impôt le plus injuste"

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Le journal Le Soir a fait état samedi de pistes mises sur la table par des experts du gouvernement en vue de revaloriser le salaire poche. Dimanche, le vice-premier ministre MR Didier Reynders a répété l'ambition de la majorité de revaloriser le net des travailleurs. Il y a ce discours selon lequel il faut soutenir les gens qui travaillent et les pensionnés et peut-être relever les prélèvements sur le capital "mais on vient de faire le contraire", a indiqué la cheffe de groupe PS à la Chambre Laurette Onkelinx évoquant le saut d'index et la hausse d'impôt pour les pensionnés (non indexation des plafonds fiscaux). Même réaction au cdH où on observe une divergence entre les intentions et les réalisations. "Je suis assez d'accord avec ce que dit Didier Reynders sur le fond, le problème est qu'il ne le fait pas", a dit Melchior Wathelet. Les écologistes invitent le gouvernement à s'inscrire dans son triptyque fiscal. Le chef de groupe Ecolo-Groen Kristof Calvo a rappelé la nécessité pour sa formation de taxer moins le travail, plus le capital et la pollution.

Didier Reynders a regretté ce procès d'intention fait par l'opposition alors que le gouvernement n'est en place que depuis deux mois. "On a cinq ans", a-t-il rappelé. Et certaines choses ont déjà été faites comme l'augmentation de la déductibilité des frais professionnels forfaitaires. Le sénateur Rik Daems (Open Vld) s'est pour sa part étonné de la "virginité retrouvée" d'une certaine opposition avec laquelle il a été possible il n'y a pas si longtemps de "réaliser un mini-saut d'index et opérer un gel salarial". Au coeur du débat fiscal se trouve notamment l'exigence du CD&V de taxer les plus-values sur actions. Cette piste a également été mise en avant ce week-end par le gouverneur de la Banque nationale Luc Coene, étiqueté VLD. Or, l'Open Vld continue à la refuser. "Ce serait une erreur", a encore indiqué dimanche Rik Daems. Certains ont peut-être "l'ambition d'être champion européen toutes catégories" de la taxation, "ce n'est pas notre ambition", a précisé le vice-premier ministre libéral flamand Alexander De Croo.

Invité de la rédaction de RTL-TVI, le vice-premier ministre N-VA Jan Jambon s'est montré prudent, appelant les partenaires du gouvernement à la discrétion sur les plateaux de télévision. L'accord de gouvernement prévoit un tax shift, a-t-il rappelé. Si on baisse le coût du travail, il faudra relever autre chose, "c'est clair" mais les précisions seront apportées autour de la table du gouvernement. Rik Daems a défendu l'idée de travailler sur ce qui constitue probablement "la seule base" de réforme possible à ses yeux pour compenser une baisse d'impôts: la taxation indirecte (TVA, accises) et environnementale. Et là, "on va encore toucher les gens avec l'impôt le plus injuste", a réagi Laurette Onkelinx. Entre majorité et opposition, pas de consensus possible donc à ce stade sur le dossier de la réforme fiscale qui figurera en haut de l'agenda politique 2015. Une mesure cependant pourrait faire chorus. En effet, l'opposition a accueilli favorablement la piste évoquée durant le week-end par Didier Reynders visant à remplacer l'avantage en nature (voiture de société à usage non professionnel...) par du salaire net. Mais Kristof Calvo craint qu'une telle piste soit à son tour avalée par le "chaos fiscal" du gouvernement. Il a rappelé que le président de la N-VA Bart De Wever y avait opposé un "no pasaran".

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