Offshore leaks : les paradis fiscaux "coûtent" 9 milliards par an à l'Etat

07/04/13 à 14:50 - Mise à jour à 14:50

Source: Le Vif

L'argent placé sur des comptes bancaires suspects localisés dans des paradis fiscaux représente un manque à gagner de 9 milliards d'euros par an pour l'Etat, a indiqué dimanche le co-président d'Ecolo Olivier Deleuze sur le plateau de Controverse (RTL-TVI).

Offshore leaks : les paradis fiscaux "coûtent" 9 milliards par an à l'Etat

© Thinkstock - Image d'illustration

Le secrétaire d'Etat à la Lutte contre la fraude John Crombez (sp.a) a qualifié de "choquantes" les révélations du consortium de journalistes d'investigation sur des données informatiques issues de dizaines de milliers de sociétés offshore de plusieurs îles. "Cela fait mal à tout le monde dans la société et déstabilise le système", a ajouté le secrétaire d'Etat.

"Si l'Etat percevait ces 9 milliards d'euros, on pourrait faire baisser les impôts, organiser des plans de relance, rétablir les aides fiscales pour la consommation d'énergie, aider les jeunes dans leur recherche d'emploi", a estimé Olivier Deleuze. Le co-président d'Ecolo s'est posé la question du rôle de l'Etat belge, actionnaire de BNP Paribas, accusé d'avoir aidé à monter des sociétés offshore dans des paradis fiscaux, pour empêcher les administrateurs de jouer un rôle à cet égard.

John Crombez a souligné que des changements sont intervenus dans les lois pour mieux lutter contre la fraude et que tant que des banquiers ne seront pas éthiques et moraux, il faudra continuer à prendre des mesures. Le secrétaire d'Etat a rappelé que chaque élément valable issu de ces révélations fera l'objet d'une enquête.

Le débat dominical a montré que si les moyens législatifs existent, les moyens financiers manquent. Septante-cinq inspecteurs seront recrutés par l'Office central de la lutte contre la délinquance économique et financière (OCDEFO), a affirmé Catherine Fonck, cheffe de groupe cdH à la Chambre.

Marie-Christine Marghem, députée fédérale MR, propose de "renverser la charge de la preuve. On dit 'voilà vous faites des sociétés offshore c'est interdit, c'est une présomption de fraude, prouvez-nous que ce n'est pas de la fraude'".

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