Numéros Inami: "Un compromis politique", reconnaît De Block

18/09/16 à 15:33 - Mise à jour à 16:56

Source: Belga

La ministre fédérale de la Santé, Maggie De Block (Open Vld), a reconnu dimanche que la décision du gouvernement sur les quotas de numéros Inami pour l'année 2022 était le fruit d'un compromis politique. La Commission de planification de l'offre médicale avait pourtant proposé une clé de répartition, fondée sur une évaluation scientifique, qui n'a pas été suivie en tant que telle.

Numéros Inami: "Un compromis politique", reconnaît De Block

Maggie De Block, ministre de la santé et des affaires sociales. © BELGA/Nicolas Maeterlinck

La Commission a recommandé avant les vacances une répartition 56,5/43,5 entre la Flandre et la Fédération Wallonie-Bruxelles des numéros Inami des étudiants en médecine qui termineront leur cursus en 2022. La proposition a fait hurler la N-VA et suscité les réticences du CD&V. L'ancienne clé 60/40 a finalement été maintenue.

Les libéraux ont défendu cette nouvelle clé sans manifestement convaincre leurs partenaires de coalition. "C'est un compromis politique. On se trouve avec quatre partis. Il y en avait d'autres contre la répartition proposée par la Commission de planification. Deux des quatre n'étaient pas d'accord", a souligné Mme De Block sur le plateau d'"A votre avis" (RTBF).

Cet écart a ulcéré certains membres de ladite commission. Interrogé dans "Le Soir", le Dr Cédric Hermans (UCL) juge ainsi que les experts ont été "bafoués" et que leur travail a été déconsidéré.

Un fait imprévu a changé la donne et bouleversé les calculs, a fait remarquer le Dr Jacques Brotchi, député MR et membre de la Commission: les recours au Conseil d'Etat des étudiants reçus-collés qui ont mené à l'invalidation du test réalisé à la fin de la première année de médecine en Fédération Wallonie-Bruxelles. Selon lui, près de 250 étudiants en plus poursuivront leurs études. "Nous avons sauvé 36 numéros supplémentaires", a-t-il affirmé sur le plateau de "C'est pas tous les jours dimanche" (RTL-TVi). A l'entendre, un trop grand nombre d'étudiants pénalisera par ailleurs la qualité de la formation des médecins. "Nous sommes partis dans un cycle où notre santé du côté francophone sera moins bien prise en charge que du côté flamand".

La ministre s'est engagée à donner un numéro aux étudiants qui sont en cours d'études mais elle a posé la condition de l'instauration d'un examen d'entrée du côté francophone comme c'est le cas en Flandre.

"C'est nécessaire d'avoir le même examen d'entrée. On est condamné à travailler ensemble à un plan pour le futur. Avoir tous les ans la même discussion, c'est fatigant", a-t-elle dit.

La ministre flamande de l'Enseignement, Hilde Crevits (CD&V), a tendu la main dimanche à son homologue francophone de l'Enseignement supérieur, Jean-Claude Marcourt (PS). Elle souhaite se concerter avec lui sur la mise au point d'un filtre comparable aux études de médecine et de dentisterie au nord et au sud du pays, et se dit prête à revoir le système flamand. "Mais seulement à la condition que nous continuions à fournir un travail sérieux pour limiter l'afflux, de manière à ce que les jeunes qui commencent aient la certitude de recevoir un numéro Inami lorsqu'ils finissent leurs études".

Vendredi, le MR s'est trouvé bien seul pour défendre la décision du gouvernement face à l'accumulation de réactions négatives venant des rangs francophones. Le cdH a enfoncé le clou dimanche, dénonçant le "scandale" mis au jour par les propos de Mme De Block.

"Le MR et ses nombreux ministres au sein du gouvernement fédéral organisent sciemment la pénurie de médecins au sud du pays. Cédant face aux diktats communautaires, ils s'accordent pour mettre à mal la santé des francophones!", a-t-il déclaré dans un communiqué.

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