"Nous ne voulons pas d'une société terrorisée"

14/01/15 à 18:00 - Mise à jour à 20:41

Source: Belga

Le gouvernement fédéral et les représentants des cultes ont exprimé mercredi leur rejet du terrorisme, de l'intégrisme, du radicalisme et des discours haineux, indique une déclaration commune publiée à l'issue d'une rencontre entre les principaux ministres et les représentants d'une demi-douzaine de cultes et de la laïcité et lue par le Premier ministre Charles Michel.

"Nous ne voulons pas d'une société terrorisée"

Charles Michel © Belga

Cette déclaration fait suite aux attentats commis la semaine dernière à Paris, notamment contre l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo et contre un supermarché casher qui ont fait vingt morts, dont des policiers et les trois terroristes. La Belgique a également été frappée le 24 mai dernier par un attentat similaire, qui avait visé le Musée juif de Bruxelles, faisant quatre morts dont un couple de touristes israéliens. L'auteur présumé, le Franco-Algérien Mehdi Nemmouche, 29 ans, a été remis fin juillet à la justice belge, qui l'a inculpé pour "assassinat dans un contexte terroriste" et placé en détention préventive.

"La Belgique est un pays ouvert, tolérant et accueillant. Le terrorisme, l'intégrisme, le radicalisme et les discours haineux n'y ont pas leur place. Nous devons éviter de tomber dans le piège tendu par les terroristes visant à diviser les citoyens", ajoute ce texte publié à l'issue de la première rencontre entre l'équipe Michel 1er et les représentants d'une demi-douzaine de cultes reconnus et de la laïcité. "Ensemble, nous voulons rappeler le respect de la séparation de l'Eglise et de l'Etat, l'importance tel que mentionnée à l'article 19 de la Constitution relative à la liberté de culte et d'opinion", poursuit le texte. "En un mot, nous ne voulons pas d'une société terrorisée. Au contraire, nous voulons assurer efficacement et fermement la sécurité dans une société de tolérance, une société de la confiance, une société pluraliste, en un mot, une société libre". Les signataires - dont Mgr André-Joseph Léonard pour le culte catholique, Albert Guigui (culte israëlite), Jack Mc Donald (culte anglican), Steven Fuite et Geert W. Lorein (culte protestant), les Pères Stavros Triantafyllou et Evangialos Salas (culte orthodoxe), M. Smaili et Echallaoui Salah (culte musulman) ainsi que M. Bartholomeeusen et Sylvain Peeters pour la laïcité - ajoutent que "leur volonté est claire": "Nous devons défendre et promouvoir notre socle commun de valeurs. Nous condamnons fermement toutes les formes de radicalisme. Nous refusons tous les amalgames et les confusions. Nos valeurs sont universelles, ce sont celles des Lumières comme les libertés fondamentales, telles que la liberté d'expression, la liberté de culte, la liberté de conscience, la séparation de l'Eglise et de l'Etat, l'égalité entre les hommes et les femmes, la non-discrimination", soulignent-ils. "Plus que jamais, les autorités publiques et les représentants des cultes et de la laïcité doivent s'engager pour défendre le vivre ensemble dans le respect et la tolérance", poursuit la déclaration. Celle-ci réaffirme enfin que "chaque communauté religieuse en Belgique a le droit à la sécurité et au respect". "Nous entendons assurer impérativement aux citoyens le droit de vivre et d'exprimer leurs convictions en toute tranquillité et ce dans les limites fixées par la loi. Chacun a le droit de pouvoir s'exprimer librement sans menace et sans risque", conclut le texte. Selon M. Michel, de telles rencontres entre le gouvernement et les représentants des cultes seront poursuivies, au rythme de deux par an.

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