Maurits Vande Reyde
Maurits Vande Reyde
Président de Jong VLD (jeune VLD)
Opinion

22/10/17 à 09:00 - Mise à jour à 20/10/17 à 11:01

"Nous avons besoin de migration. De plus de migration"

Pour Maurits Vande Reyde, le président de Jong VLD (Jeune VLD), les gens qui viennent ici n'ont pas besoin de pitié. Mieux vaut leur dire : "Show me what you've got". Selon lui, le droit de prendre ses responsabilités est aussi important que le droit à la protection.

"Nous avons besoin de migration. De plus de migration"

© iStock

Statistiquement, les risques que vous abandonniez la lecture après avoir vu le titre sont assez élevés. Beaucoup de gens ne comprennent pas pourquoi tant de politiques dans tant de gouvernements permettent à des dizaines de milliers de personnes de venir vivre ici, travailler et - imaginez un peu - avoir des enfants. Tous ces gens dans notre petit pays très peuplé. Avec tous ses problèmes. Et dans tous les autres pays autour de nous, avec encore plus de problèmes. Contre la vox populi. La raison est simple : nous avons besoin de migration. De plus de migration, pas moins.

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Nous avons besoin de migration. De plus de migration

Vous n'entendrez aucun politique plaider en ce sens. Tant à gauche (peur pour les emplois) qu'à droite (peur de l'identité) et tout le spectre entre les deux, il n'est pas possible de défendre le bénéfice net engendré par la migration. L'opinion publique est contre, dirait-on. Il est peu probable qu'elle change rapidement d'avis.

Qu'à cela ne tienne! Même sous le Secrétaire d'État le plus costaud, la migration n'est pas freinée. Et c'est logique : tout un système social s'effondrerait. C'est du suicide économique. En dix ans, notre niveau de prospérité dégringolerait plus bas que celui de la Moldavie. Malgré leur rhétorique dure, les politiques s'en rendent heureusement compte. Si Filip Dewinter accédait demain au pouvoir, il ne laisserait pas entrer une personne de moins.

Oubliez donc à la fois la pitié niaise et la dureté. Les deux attitudes passent à côté de l'essentiel. La migration, c'est de la logique pure et un bénéfice tant pour le pays hôte que pour le nouveau venu. Dans son ensemble, elle apporte toujours et partout la prospérité.

Vous n'êtes pas convaincus? Ces trente dernières années, les migrants étaient bons pour la moitié de la hausse de notre population active. C'est comparable à l'époque où nous avons tous décidé de ne plus être agriculteurs. Les pays positifs envers la migration sont plus créatifs et plus à même à absorber les chocs économiques. Un pour cent de migration supplémentaire crée 2% de croissance de notre prospérité. Les personnes hautement qualifiées boostent l'innovation alors que les autres exercent les métiers en pénurie.

Je le dis comme si je l'avais inventé, mais vous pouvez vérifier cette info dans toutes les études scientifiques sur le sujet. Que ce soit au FMI, à l'OCDE ou ailleurs.

Les personnes opposées à la migration sont-elles idiotes? Bien évidemment non. Ce n'est pas parce que la migration est avantageuse qu'il ne faut pas y réfléchir. Notre pays attire un nombre disproportionné de mains-d'oeuvre peu qualifiées (en soi, ce n'est pas problématique) qui trouvent à peine leur chemin vers le marché du travail (un énorme problème). C'est là que se trouve le véritable écueil de la migration. Au lieu de pitié ou d'aversion, il faut une culture de migration "Show me what you've got".

Celle-ci manque encore trop souvent. Le sort de ceux qui viennent ici est incertain par définition. Pour travailler, il faut attendre quatre mois. Pour un migrant, c'est une éternité. Aussi n'y a-t-il rien d'étonnant à ce qu'après le saut vers le marché du travail reste aussi grand. Devenir indépendant ? Selon la loi, c'est possible uniquement si cela ne demande pas d'"investissements excessifs". Quelqu'un d'ailleurs qui veut investir dans notre société, imaginez-vous un peu. C'est ce genre de choses qui font que la migration chez nous est moins réussie que dans d'autres pays.

Tout homme devrait avoir la même valeur, qu'il soit né à Alep ou à Dentergem. Cependant, chez nous, la pensée territoriale est toujours bien ancrée. La question "D'où viens-tu" est plus posée qu'"où vas-tu ?". Aussi les frontières politiques sont-elles toujours le plus gros frein à la prospérité dans le monde.

Nous aimons rétorquer à coup de principes moraux sur l'accueil, l'hospitalité et la protection. Le droit de prendre ses responsabilités - de travailler, d'échouer, de contribuer, quelle que soit son origine - est au moins aussi important. Espérons que la prochaine campagne de 11.11.11 diffuse ce message.

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