Nos conseils pour accroître votre pouvoir d'achat

12/11/12 à 14:30 - Mise à jour à 14:30

Source: Le Vif

Compte tenu du taux d'inflation actuellement élevé, de la flambée des prix de l'énergie et de la faiblesse des taux d'intérêt, votre argent vaut de moins en moins. Quelques conseils concrets pour augmenter votre pouvoir d'achat.

Nos conseils pour accroître votre pouvoir d'achat

© Reuters

La vie est de plus en plus chère. Les prix des carburants pulvérisent un record après l'autre. Fin août, le taux d'inflation de la Belgique atteignait 2,6 % sur base annuelle. Le Bureau fédéral du plan prévoit qu'il titillera la barre des 3 % en fin d'année. Pour conserver leur pouvoir d'achat, les rémunérations des salariés sont couplées à l'inflation ; mieux encore : la norme salariale pour 2012 est de 0,3 % supérieure à l'index. En termes réels, les salaires augmentent, mais nous sommes confrontés en parallèle à un taux historiquement faible sur l'épargne. La crise financière persistante a contraint la Banque centrale européenne à abaisser déjà ses taux à deux reprises cette année, à un plancher historique de 0,75 %.

Les banques sont dès lors tenues d'adapter elles aussi leurs taux sur l'épargne. Le livret rapporte actuellement moins que l'inflation dans presque toutes les banques. En d'autres termes, en laissant dormir des liquidités sur un livret d'épargne, vous perdez du pouvoir d'achat. Pourtant, les Belges continuent d'amasser des liquidités sur leur bon vieux livret. Paradoxalement, la propension à l'épargne augmente à mesure que baissent les taux.

L'explication est logique : en période d'incertitude économique et à défaut d'alternatives plus lucratives, le consommateur belge privilégie le livret d'épargne. Pour autant, cette donnée macroéconomique n'empêche pas l'épargnant d'accroître son pouvoir d'achat de diverses manières. Nous avons choisi d'en développer quelques-unes. Très logiquement, vu le niveau élevé des prix de l'énergie, plusieurs conseils portent sur l'économie des coûts énergétiques.

1 Étalez vos factures énergétiques

Si vous vous chauffez au mazout, vous aurez noté que la facture de votre fournisseur est de plus en plus salée. Sachez que vous pouvez régler cette facture mensuellement et ce, sur une échéance maximale d'une année. La mensualité due est calculée, le cas échéant, sur la base de la consommation annuelle escomptée et peut être ajustée sous certaines conditions. Tenez compte cependant qu'un acompte d'au moins 50 % du total de la facture devra être versé au plus tard le jour de la première livraison pour une livraison d'au moins 1.000 litres. Actuellement, 89 fournisseurs proposent le paiement étalé. Vous trouverez la liste des fournisseurs enregistrés sur le site Internet du SPF Economie.

2 Optez pour un fournisseur moins cher

De plus en plus de Belges ont déjà choisi de basculer vers un autre fournisseur d'énergie moins cher. Ainsi Electrabel a-t-il perdu cette année plus de 10 % de sa clientèle. Nous sommes nombreux désormais à être conscients que la comparaison des prix entre fournisseurs est la manière la plus simple et la plus rapide d'alléger notre facture énergétique. Le basculement vers un autre fournisseur est du reste gratuit ; aucune indemnité de préavis n'est due. Sur Internet, plusieurs sites se proposent de comparer les prix de l'énergie en fonction du fournisseur, comme www.monenergie.be. Il suffit d'annoncer au nouveau fournisseur votre souhait de changer et de lui communiquer le type de contrat conclu auprès de l'ancien fournisseur ainsi que son échéance. Votre nouvel intermédiaire fera le reste.

Comptez un délai d'un mois pour que le changement soit effectif. Au cours de cette période, le gestionnaire de réseau vous invitera à lui communiquer le relevé de votre compteur, de manière à ce que l'ancien fournisseur puisse établir sa facture de clôture et que le nouveau puisse calculer les acomptes intermédiaires. Assurez-vous de donner suite à la demande de votre gestionnaire de réseau. Dans le cas contraire, une estimation de votre consommation sera réalisée sur la base d'anciennes données vous concernant. Prêtez-vous régulièrement à cet exercice, par exemple une fois par an. Jusque fin décembre 2012, les prix de l'énergie sont certes gelés, mais à compter de janvier 2013, les tarifs du gaz naturel et de l'électricité évolueront à nouveau librement, ce qui signifie que d'autres fournisseurs pourront à nouveau devenir plus intéressants. Il est toujours recommandé de réévaluer régulièrement les offres du marché afin de choisir le fournisseur qui vous convient le mieux.

3 Achetez groupé

Vous pouvez choisir un fournisseur de gaz et d'électricité moins cher, mais aussi décider de vous joindre à un groupement d'achat d'énergie. Le principe est simple : un maximum de particuliers se réunissent et demandent aux différents fournisseurs leur formule la plus intéressante. Les fournisseurs enchérissent les uns sur les autres. Celui qui propose le tarif le plus avantageux l'emporte. Plus les particuliers sont nombreux, plus leur pouvoir de négociation est grand. Ces achats groupés sont souvent organisés au niveau communal ou régional. Parfois, ce sont les organisations de consommateurs qui en prennent l'initiative.

4 Remboursez anticipativement vos emprunts

Comme nous l'avons rappelé, l'argent parqué sur un livret d'épargne rapporte moins que l'inflation. Dans le meilleur des cas, vous bénéficiez en effet d'un intérêt (de base + prime de fidélité) de 2,75 % par an. En outre, les alternatives sûres et valables au livret sont rares. Pour que votre épargne rapporte, vous pouvez donc envisager de l'affecter au remboursement de vos emprunts en cours. Attention : veillez à commencer par les emprunts qui ne sont liés à aucun avantage fiscal, comme un emprunt personnel à tempérament. Tenez du reste compte de "l'amende" - l'indemnité de remploi - que la banque vous réclamera pour le remboursement anticipé de son emprunt. Cette indemnité correspond à trois mois d'intérêts au maximum, mais si votre emprunt avait été contracté à un taux de 5 ou 6 %, cette pénalité sera rapidement amortie. Vous pouvez en outre utiliser votre épargne pour rembourser une partie de votre crédit hypothécaire. Limitez cependant ce remboursement à un montant qui vous donne encore droit à la déduction fiscale maximale pour les intérêts et amortissements de capital remboursés.

Pour les emprunts conclus après le 1er janvier 2005, la déduction est plafonnée à 2.930 euros, éventuellement majorée de 70 euros si vous avez au moins trois enfants à charge. Si vous êtes marié ou cohabitant légal, comptez un montant total de 5.860 euros. Si vous remboursez une partie de votre emprunt hypothécaire, il est important de conserver un solde qui vous donne droit à la déduction maximale. Attention : même en cas de remboursement partiel, l'indemnité de remploi (maximum trois mois d'intérêts) sera due sur la partie remboursée.

5 Refinancez votre emprunt Si les taux sur l'épargne sont faibles, ceux liés aux crédits hypothécaires le sont heureusement aussi. Pourquoi dès lors ne pas réévaluer votre contrat d'emprunt hypothécaire. Vous pouvez en effet refinancer ce dernier et combiner cette manoeuvre au remboursement d'une partie de votre emprunt ( lire plus haut). Le refinancement peut être rapidement synonyme de gains, à plus forte raison si vous avez emprunté à un taux fixe. Si votre emprunt est repris par une autre banque, vous devrez cependant, en plus de l'indemnité de remploi, considérer les frais de mainlevée d'hypothèque ainsi que les frais de notaire pour la nouvelle hypothèque en faveur de la banque repreneuse. La différence entre l'ancien et le nouveau taux en vigueur doit être supérieure à ce qu'elle serait dans l'hypothèse où le refinancement aurait lieu dans votre banque actuelle.

Le cas échéant, vous ne paieriez en effet que l'indemnité de remploi plus des frais de dossier uniques compris entre 250 et 300 euros. Le nouveau taux doit donc être inférieur à l'ancien, mais l'écart précis entre les deux doit toujours être calculé individuellement. Pour cela, vous pouvez notamment solliciter le "Kredietbewaker" du bureau de conseil indépendant Immotheker. Cet outil, disponible sur Internet, compare chaque jour votre emprunt hypothécaire à des centaines d'autres formules disponibles sur le marché. Vous recevez alors par e-mail ou par SMS un message qui vous informe que vous pouvez envisager de convertir votre emprunt à des conditions plus avantageuses. Si vous faites réaliser un budget logement à Immotheker, ce service est gratuit. Dans le cas contraire, comptez 150 euros pour les frais d'ouverture d'un dossier de refinancement (ces honoraires comprennent un forfait de consultance d'une heure et demie).

6 Rendez votre logement moins énergivore

Pour savoir si des économies d'énergie peuvent être réalisées dans votre logement, vous pouvez faire réaliser un audit énergétique par un expert agréé. Sur le site http://energie.wallonie.be/fr/liste-des-auditeurs-energetiques-agrees-pae.html?IDC=6673 (Région wallonne) ou www.energiesparen.be/energieaudit (Flandre et Bruxelles), vous trouverez une liste d'auditeurs agréés. Cet audit vous dira où, dans quelle mesure et comment réaliser des économies d'énergie dans votre habitation. L'expert peut dans ce cadre étudier votre système de chauffage, l'isolation de votre maison, le recours à l'énergie solaire, etc. En option, vous pouvez lui demander de cartographier les besoins de ventilation de votre maison ou de déterminer comment le confort de cette dernière peut être accru en été. Un rapport sera alors établi en trois volets : un commentaire général, une explication des améliorations possibles par rapport aux murs, à la toiture et aux fenêtres, et un détail des ajustements envisageables au niveau de l'installation de chauffage et de la production de chaleur. Ajoutons à cela qu'à partir de l'année de revenus 2012, seule l'isolation de la toiture peut encore bénéficier d'une réduction fiscale pour les investissements permettant une économie d'énergie.

Si le contrat avec l'entrepreneur a été conclu après le 27 novembre 2011, l'avantage fiscal correspondra à 30 % du coût, avec un maximum de 2.930 euros (montant valable pour l'année de revenus 2012). Pour les investissements permettant une économie d'énergie dont le contrat a été conclu avant cette date, la réduction de 40 % est toujours valable, mais plafonnée à 2.830 euros. Celle-ci ne se limitera pas alors à l'isolation de la toiture, mais aussi à un audit énergétique, au placement de double vitrage ou au remplacement d'une ancienne chaudière.

7 Profitez de la guerre des prix entre stations-services

Les prix des carburants n'ont jamais été aussi élevés. Si l'Etat impose des prix maximum aux distributeurs, toutes les stations-services n'affichent pas les mêmes tarifs pour autant. A y regarder de plus près, celles-ci semblent même se livrer une véritable guerre des prix. Sur le site Internet www.carbu.be, vous pouvez comparer les prix de l'essence et du diesel dans les différents points de vente. Il semble que de nombreuses stations proposent des réductions comprises entre 10 et 16 centimes d'euro par litre. Sur un plein de 60 litres, la différence atteint donc près de 10 euros. Notez que les stations situées sur les autoroutes sont les plus onéreuses. Les pompes les plus intéressantes sont généralement celles sans service situées dans des régions où la concurrence bat son plein.

8 Optez pour une voiture avec de faibles émissions de CO2

Vous pensez acheter une nouvelle voiture - ou même une voiture d'occasion ? Dans ce cas, pensez émissions de CO2. Car de faibles rejets sont synonymes de taxes de circulation moindres ou même de primes dans certaines régions. Vous trouverez la quantité d'émissions sur le certificat d'immatriculation de votre voiture. Cette information a son importance, aussi, pour les employés ou les cadres profitant d'une voiture de société. Car, ici aussi, une faible émission de CO2 entraîne la suppression d'une plus petite partie de l'avantage de toute nature dans le cadre de l'usage privé de la voiture de société.

9 Evitez les doublons

Le ménage moyen est souvent couvert par plusieurs assurances. Certaines sont toutefois redondantes. En soumettant régulièrement votre portefeuille d'assurances à une analyse approfondie, vous pouvez repérer ces double-emplois et économiser sur les primes superflues. Faites appel, pour ce faire, à votre courtier ou agent d'assurance. Si vous êtes par exemple titulaire d'une assurance de groupe par l'intermédiaire de votre employeur, qui comprend également une bonne assurance hospitalisation familiale, il est tout à fait superflu de conclure une assurance hospitalisation complémentaire individuelle. Autre exemple : l'assurance assistance voyage couplée à votre carte de crédit, qui rend toute couverture séparée superflue. Les doubles couvertures peuvent être évitées par une évaluation minutieuse des risques d'assurance.

10 Travaillez jusqu'à 65 ans

En temps de crise, les salariés plus âgés, plus coûteux pour les entreprises, sont souvent placés sur une voie de garage. Celle-ci prend la forme d'un licenciement, d'une mise à la retraite anticipée ou d'une autre formule intermédiaire. Si vous avez contracté, en tant que salarié ou chef d'entreprise, une assurance de groupe par l'intermédiaire de votre employeur ou de votre société, vous avez tout intérêt à continuer à travailler jusqu'à votre 65e anniversaire - l'âge légal de la retraite - et ensuite seulement à demander le versement du capital de votre assurance de groupe. Sur la part du capital accumulé formée par les primes versées par l'employeur/la société -l'essentiel du capital-, vous ne devrez en effet vous acquitter que d'un impôt unique de 10 %. Si vous demandez anticipativement votre capital, comptez sur une ponction allant de 16,5 à 20 %. Si le capital de votre assurance de groupe arrive à échéance, mieux vaut opter pour le versement du capital en une seule fois plutôt que pour le versement d'une rente (mensuelle). Dans ce deuxième cas en effet, vous devrez renoncer définitivement au capital dès le premier versement. Or si vous décédez dans la première année qui suit votre départ à la retraite, le solde qui n'aura pas encore été versé reviendra irrémédiablement à l'assureur (et non à vos héritiers). Si vous optez malgré cela pour la rente, veillez à exiger une rente transmissible à vos héritiers.

Johan Steenackers

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