"Non, la RTBF ne propage pas la haine", répond Jean-Pierre Jacqmin

18/01/12 à 20:39 - Mise à jour à 20:39

Source: Le Vif

Professeure émérite de l'université d'Anvers, Magda Michielsens a effectué une étude sur l'émission "Mise au point". Pour elle, le rendez-vous politique dominical de la RTBF est un bon exemple pour comprendre "les rouages d'une campagne de haine". "Non, la RTBF ne répand pas la haine entre les communautés", a réagi Jean-Pierre Jacqmin le directeur de l'information de la chaîne publique.

"Non, la RTBF ne propage pas la haine", répond Jean-Pierre Jacqmin

© Image Globe

Professeure de l'université d'Anvers, Magda Michielsens a passé à la loupe les émissions de "Mise au point" durant la longue crise politique que le pays a traversée entre 2010 et 2011. "J'ai été véritablement effrayée", dit-elle. "Le portrait que l'émission dresse des Flamands est choquant".

Pour Michielsens, de nombreux aspects de cette émission prête à caution. Le ton employé, le choix des invités, la régie image, les SMS et E-mails des téléspectateurs - qui serait plutôt un forum d'insulte - qui défilent dans le bas de l'écran, la posture des présentateurs. Tout cela ressemble à une mise en scène qui n'a pour seul but que de polariser à l'extrême : à chaque occasion "nous, les francophones" sont placés face à "eux, les Flamands hostiles".

" La répétition est une arme de pointe dans une campagne de haine ", explique Michielsens. À chaque fois, l'émission décrit la N-VA comme un parti dangereux qui ne veut pas que les négociations aboutissent. À chaque fois, on montre l'image d'une Flandre hostile. On n'y entend presque jamais de voix dissidentes, déplore Michielsens. Pour elle, cela ne souffre aucun doute : la télévision de service public diffuse de la haine.

"C'est infondé et injustifié"

"C'est infondé et injustifié, s'est défendu Jean-Pierre Jacqmin qui s'est dit désagréablement surpris par la publication de cette étude. "Nous avons toujours travaillé avec les règles de déontologie du journalisme. S'il y avait eu un quelconque débordement de notre part, nous aurions déjà fait l'objet de poursuites et nous aurions déjà été condamnés par des instances telles que le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel ou le Conseil de Déontologie Journalistique. Ce n'est pas le cas."

Pour plaider en la faveur de la chaîne publique, Jean-Pierre Jacqmin rappelle que de nombreux partenariats existent entre les différentes rédactions de la RTBF et certains médias ou personnalités flamandes. "Nous invitons très souvent des hommes politiques ou des spécialistes sur le plateau de Mise au Point, nous travaillons en radio avec des chroniqueurs et des humoristes flamands et nous collaborons très régulièrement avec la VRT", justifie-t-il.

Jean-Pierre Jacqmin ne refuse cependant pas de remettre en question le travail des journalistes de la RTBF. "Quand on est journaliste dans un pays comme la Belgique, on risque de s'exprimer par rapport à la communauté à laquelle on appartient. Nous en sommes conscients, mais cela existe des deux côtés de la frontière linguistique. Nous avons déjà débattu la question avec nos collègues de la VRT." La RTBF devrait relancer les contacts pris à ce sujet dans les jours qui viennent.

La RTBF n'a cependant pas l'intention de porter plainte contre l'auteur de cette étude. "Au nom de la liberté d'expression, notre premier réflexe n'est pas de porter plainte", a conclu le directeur de l'information.

L'étude est disponible (uniquement en néerlandais) en ligne. On y voit des extraits de l'émission dûment analysés et commentés.

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