Nigeria: aucune enquête diligentée deux ans après le meurtre de 640 détenus

14/03/16 à 02:50 - Mise à jour à 02:50

Source: Belga

(Belga) Deux ans après le massacre d'au moins 640 détenus par des soldats nigérians, les autorités n'ont pas diligenté d'enquête impartiale et indépendante, dénonce lundi Amnesty International. L'ONG de défense des droits de l'homme appelle le président du Nigeria, Muhammadu Buhari, à mettre fin à la culture de l'impunité ancrée au sein de l'armée. Pour mettre la pression, des militants se rassembleront devant les ambassades nigérianes du monde entier.

Nigeria: aucune enquête diligentée deux ans après le meurtre de 640 détenus

Nigeria: aucune enquête diligentée deux ans après le meurtre de 640 détenus © BELGA

Le 14 mars 2014, au moins 640 détenus ont été tués après avoir fui la caserne de Giwa à Maiduguri, dans l'Etat de Borno, à la faveur d'une attaque de Boko Haram. Les victimes sont des hommes et des garçons qui avaient été arrêtés arbitrairement lors d'opérations de ratissage. Ils sont morts par balle ou égorgés, selon Amnesty, qui a recueilli des dizaines de témoignages ainsi que des vidéos et images satellite. "Il est choquant que deux ans après ces meurtres, justice n'ait toujours pas été rendue pour les victimes et leurs proches", s'insurge Netsanet Belay, directeur à Amnesty International des recherches et des actions de plaidoyer pour l'Afrique. En juin 2015, Amnesty International a publié un rapport qui affirme que, entre 2012 et 2014, l'armée nigériane a exécuté sommairement au moins 1.200 personnes. Près de 7.000 autres sont mortes de faim, d'asphyxie ou sous la torture dans des camps militaires de détention. L'ONG reproche au président Buhari de n'avoir adopté aucune mesure concrète pour diligenter des enquêtes indépendantes, malgré ses promesses. Au pouvoir depuis plus de neuf mois, M. Buhari a fait de l'éradication du groupe islamiste Boko Haram sa priorité, avec la lutte contre la corruption. Si l'armée a réussi à reprendre des territoires aux djihadistes, elle emploie la force "de manière indue et systématique" sans devoir rendre des comptes, accuse Amnesty. (Belga)

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