Nicaragua: trois nouvelles victimes, au moins 137 morts depuis avril

10/06/18 à 06:08 - Mise à jour à 06:14

Source: Belga

(Belga) Au moins trois personnes sont mortes dans de nouveaux affrontements au Nicaragua, ont annoncé samedi deux ONG, portant le bilan à au moins 137 morts depuis le début des manifestations contre le président Daniel Ortega.

Le Centre nicaraguayen des droits de l'homme (Cenidh) a déclaré à l'AFP que deux nouvelles personnes ont été tuées dans la nuit de vendredi à samedi, une à Jinotega (nord) et une autre dans la capitale Managua. Un jeune homme est mort lors d'une offensive contre des manifestants qui gardaient une barricade sur une route à Jinotega, ont annoncé des responsables étudiants. A Managua, un jeune motocycliste a été tué d'une balle dans le cou après que deux hommes armés à bord de motos l'ont poursuivi et lui ont tiré dessus, selon la presse locale. Prenant en compte ces deux nouvelles victimes, le Cenidh a porté samedi à 137 le nombre des personnes ayant péri dans les troubles qui embrasent le pays depuis le 18 avril. Quelques heures après la publication de ce bilan, une deuxième ONG faisait état d'une autre victime, cette fois à Masaya, épicentre des violences et théâtre d'intenses combats samedi. Selon Alvaro Leiva, président de l'Association nicaraguayenne de protection des droits de l'homme (ANPDH), un homme âgé de 60 ans est mort d'une balle dans le coeur à Masaya. La situation devient de plus en plus grave "car nous parlons désormais de tirs croisés, pas de gaz lacrymogène ou de balles en caoutchouc", a fait valoir M. Leiva. "La situation actuelle au Nicaragua est une crise", a-t-il dit. "Nous demandons au monde entier de prêter attention à Masaya." Les manifestants continuent à bloquer les routes à travers le Nicaragua, exigeant l'éviction de Daniel Ortega, un ancien guérillero au pouvoir depuis 11 ans. Jeudi, la Conférence épiscopale du Nicaragua, médiateur du conflit, avait tenté une sortie de crise en présentant une proposition au président Ortega, qui a demandé aux évêques "une période de réflexion" pour donner une réponse. Mais pour les jeunes qui combattent à Masaya, une seule option pour sortir du conflit est désormais acceptable : le départ de Daniel Ortega. "Nous sommes en guerre avec le gouvernement", déclarait samedi un manifestant à Masaya, un T-shirt noir voilant son visage, ses yeux à peine visibles sous une casquette noire. "Nous serons libres. Ce gouvernement va partir." (Belga)

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