Natascha Kampusch : dix ans de liberté et d'impossible retour à la normalité

12/08/16 à 18:14 - Mise à jour à 18:14

Source: Belga

(Belga) Dix ans après son évasion de la cave où elle fut séquestrée pendant huit longues années alors qu'elle était enfant, Natascha Kampusch confie peiner a retrouver une vie "normale", en raison notamment de l'intérêt morbide suscité par son calvaire.

Natascha Kampusch : dix ans de liberté et d'impossible retour à la normalité

Natascha Kampusch : dix ans de liberté et d'impossible retour à la normalité © BELGA

Le 23 août 2006, l'Autriche et le monde entier voient réapparaître avec stupéfaction la jeune Autrichienne, enlevée sur le chemin de l'école à l'âge de 10 ans à Vienne, en janvier 1998. Réduite pendant 3.096 jours à un tête-à-tête avec son ravisseur, Wolfgang Priklopil, elle est parvenue à s'échapper du pavillon de Strasshof, à une trentaine de kilomètres de Vienne, où elle était enfermée et se retrouve sans transition sous le feu des projecteurs. "J'ai voulu vivre librement comme tout le monde. Mais au bout de six ans je n'osais plus sortir de chez moi. Je ne supportais plus d'être regardée comme une bête curieuse", confie-t-elle dans un nouveau livre paru vendredi en Allemagne et en Autriche, "10 ans de liberté". "Rien ne semble débrider davantage les fantasmes que les maltraitances sexuelles", témoigne cette femme aujourd'hui âgée de 28 ans. En dépit des souffrances endurées dans un réduit de moins de 6m2 construit par Wolfgang Priklopil sous le garage du pavillon, les marques d'intérêt étaient en effet loin d'être toutes amicales. Aujourd'hui, Natascha Kampusch dit aimer recevoir, cuisiner, peindre et bricoler, une passion d'enfance à laquelle son bourreau la laissait parfois s'adonner. Elle a aussi découvert la photographie, qui lui permet "le temps d'un instant de faire de quelque chose un objet et de ne pas en être soi-même un". Reste qu'à 28 ans, la Viennoise se sent mentalement "hors du temps", "ni jeune, ni vieille". "J'ai raté toute une phase de la vie que je ne pourrai pas rattraper. J'ai pourtant essayé, je suis sortie en boîte car j'aime la musique et je danse volontiers, mais j'ai constaté que ça ne m'apportait pas grand-chose." (Belga)

Nos partenaires