Mutinerie mortelle au Venezuela: cinq policiers inculpés d'homicide

05/04/18 à 00:59 - Mise à jour à 01:02

Source: Belga

(Belga) Le parquet du Venezuela a annoncé mercredi avoir inculpé d'homicide cinq policiers responsables de la sécurité des cellules du commissariat de Valencia (nord), où 68 personnes sont mortes le 28 mars dans un incendie.

Le drame - l'une des pires mutineries de l'histoire du pays - avait suscité la colère au Venezuela, déjà soumis à une violente crise économique et à de fortes tensions politiques entre le gouvernement de Nicolas Maduro et l'opposition. Parmi les personnes inculpées pour homicide se trouvent le sous-directeur de la police de l'Etat de Carabobo, dont dépendait le commissariat, un superviseur et trois agents, par ailleurs inculpés pour non-assistance à personne en danger et corruption, selon un communiqué du parquet. Les cinq hommes sont incarcérés depuis samedi dernier sur ordre d'un tribunal de la ville de Valencia, qui a prononcé mardi leur inculpation. Le parquet enquête sur ce qui a pu provoquer cette tragédie, qui a coûté la vie à 66 détenus et deux femmes qui passaient la nuit en cellule. Selon l'ONG Una Ventana a la Libertad (Une fenêtre sur la liberté), le feu a été déclenché par les détenus pour forcer les gardes à leur ouvrir les grilles et pouvoir ainsi s'échapper. Mais ces derniers ont refusé de le faire et les pompiers ont dû ouvrir un trou à l'arrière de l'édifice pour que les prisonniers puissent sortir. "On soupçonne les policiers d'avoir touché de l'argent des détenus pour permettre à des femmes de dormir dans l'enceinte (...), entre autres irrégularités", a indiqué le parquet. La surpopulation dans les prisons du Venezuela oblige les forces de l'ordre à utiliser les commissariats comme lieux de détention de longue durée. Or, selon la loi, la détention ne doit pas excéder 48 heures dans ces locaux. Le surpeuplement représente 400% de la capacité d'accueil et au moins 388 personnes sont mortes depuis 2011 dans les prisons vénézuéliennes, selon les chiffres officiels et ceux des ONG de défense des droits de l'homme. (Belga)

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