MR: "les travailleurs ne sont pas les 'mistercash' de l'Etat"

23/03/14 à 14:19 - Mise à jour à 14:19

Source: Le Vif

Le Mouvement réformateur a approuvé son programme électoral à l'unanimité, dimanche midi à Charleroi, son président Charles Michel mettant l'accent sur la réforme fiscale, mais aussi le financement des pensions, des soins de santé et la lutte contre le chômage.

MR: "les travailleurs ne sont pas les 'mistercash' de l'Etat"

© Belga

Laissant à d'autres le soin de décocher des flèches à ses adversaires politiques, M. Michel a confirmé l'engagement de son parti d'exempter d'impôt les 13.000 premiers euros par an, une mesure pour les bas et moyens salaires qui ne concernerait plus les revenus au-delà de 50.000 à 70.000 euros, fourchette à ajuster. "Nos propositions sont constantes, précises et chiffrées", a-t-il martelé alors que fusent les attaques des autres partis sur le réalisme budgétaire de la réforme fiscale des Bleus.

Relever le montant à partir duquel on paie 50% d'impôts, baisser l'impôt des sociétés pour les PME, etc: "pour nous, les travailleurs ne sont pas les 'mistercash' de l'Etat", a lancé Charles Michel, se posant en défenseur de "ceux qui bossent et ceux qui veulent bosser".

Il a toutefois assuré que son parti savait "que l'immense majorité des chômeurs souhaite de tout coeur retrouver un travail" et défendu la suppression de la condition de durée de chômage pour les aides à l'embauche ou l'obligation de suivre une formation pour les métiers en pénurie. "Nous voulons tendre la main aux demandeurs d'emploi", a affirmé M. Michel.

Les plusieurs centaines de militants (1.200 selon les organisateurs) ont eu l'occasion d'approuver - à de très fortes majorités - les propositions de suppression des cotisations patronales sur les trois premiers emplois dans les PME, l'opposition à une taxe sur les loyers, l'instauration de peines incompressibles pour les crimes "les plus odieux" et certains récidivistes, ou encore une prime d'efficacité pour les responsables de service public qui réduisent les dépenses tout en garantissant l'efficacité du service.

"Avec 2.000 à 2.500 euros par mois, on ne peut pas être considéré comme riche"

Si la défense des indépendants et de la classe moyenne n'a cessé d'émailler les interventions, les thèmes de l'emploi et de la sécurité sociale y ont tenu une bonne place, tel le vice-Premier ministre Didier Reynders ponctuant son intervention sur le financement de "ce qui nous tient particulièrement à coeur: notre sécurité sociale".

L'ancien ministre des Finances a jugé que son parti était parvenu à imposer la réforme fiscale comme thème central de la campagne. Il a critiqué ceux qui rangent dans la classe moyenne les revenus un peu supérieurs à 2.000 euros nets par mois. "Avec 2.000 à 2.500 euros par mois, on ne peut pas être considéré comme riche", a-t-il affirmé.

"On ne peut plus laisser l'écologie aux Ecolo" Sur les terres du président du PS Paul Magnette, le ministre du Budget Olivier Chastel, tête de liste à la Chambre pour la province du Hainaut, a souligné le combat entre un "socialisme conservateur" et un libéralisme progressiste".

Il a mené une charge contre les Verts, jugeant que les matières énergétiques étaient "trop sérieuses pour les laisser à Nollet et Huytebroeck", ministres Ecolo en Wallonie et à Bruxelles. "On ne peut plus laisser l'écologie aux Ecolo", a-t-il ajouté, vivement applaudi.

L'assistance aura aussi chaleureusement applaudi Sabine Laruelle, ministre fédérale en partance de la politique, et franchement ri lorsque Gérard Deprez, dans une capsule vidéo, a souhaité la disparition du PS et de la N-VA, s'il était doté d'une baguette magique.

Mais le président Charles Michel s'est lui abstenu de telles déclarations de campagne, engageant son parti, au-delà du "beau présage" que constitue à ses yeux l'obtention du n°1 au tirage au sort des listes nationales, à "expliquer nos solutions" pour convaincre.

Deux autres partis francophones, le PS à Bruxelles et Ecolo à Louvain-la-Neuve, tenaient dimanche aussi leur principal congrès électoral.

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