MR : le Plan Iris des déplacements arrive trop tard

10/09/10 à 17:00 - Mise à jour à 17:00

Source: Le Vif

La majorité bruxelloise a beaucoup trop tardé à se mettre d'accord sur le plan Iris des déplacements. Il est à craindre que les mesures proposées ne permettront pas d'atteindre l'objectif de réduction de 20% du trafic automobile à l'échéance de ce nouveau plan adopté jeudi par le gouvernement Picqué, a affirmé vendredi le chef du groupe MR au parlement régional, Didier Gosuin.

MR : le Plan Iris des déplacements arrive trop tard

© Belga

"Ce plan aurait dû être arrêté en 2005. Il est regrettable que la majorité de l'olivier ait mis ce dossier au congélateur pendant 5 années qui feront mal sur le plan écologique", a commenté le chef de file de l'opposition interrogé vendredi par Belga.

Selon Didier Gosuin, le plan précédent était dépassé depuis 2004-2005. Mais faute de consensus notamment chez les Verts sur des propositions que le MR avait proposées il y a des années, l'objectif de réduction de trafic automobile ne sera pas atteint dans les délais fixés, a-t-il dit.

Didier Gosuin a cité à titre d'exemples le projet d'extension du métro sur l'axe nord-sud, auquel les écologistes se sont longtemps opposés "pour des raisons idéologiques", et le projet de création de zones "basse émission de CO2" que lui-même avait soutenu lorsqu'il était ministre. "Les Verts s'y sont également trop longtemps opposés pour des raisons politiques, a-t-il déploré.

Conséquence: il ne sera pas possible de réduire le trafic automobile à temps, d'autant qu'il faut au minimum 10 ans pour réaliser une ligne de métro. Enfin, il y a un grand absent: le budget, a-t-il conclu.

Le contenu du Plan Iris des déplacements

Sous réserve des modalités de financement de l'opération, la plan prévoit la construction d'une ligne de métro sur l'axe nord-sud vers Schaerbeek, d'ici 2018, une option qui ne convainquait pas franchement les Verts. L'extension vers Uccle n'est abordée qu'en termes d'études.

Le Plan régional des déplacements, également connu sous le nom de Plan IRIS, est un plan stratégique censé donner les principales orientations de la mobilité en Région-capitale. La présente mouture a été élaborée en ayant dans le viseur la période 2015-2020.

Hormis l'extension du métro vers Uccle, la Plan Iris 2 confie par ailleurs au Plan Régional de Développement Durable le soin de plancher sur la possibilité de développer une ligne de métro sur l'axe de la Moyenne ceinture.

Le plan adopté jeudi donne aussi le feu vert de la Région pour une réduction de 16% des emplacements de stationnement en voirie pour autant que cette diminution soit compensée hors voirie.

Les modalités d'application concrète de ce dispositif devront être peaufinées dans le plan régional de stationnement. L'option du péage urbain fera l'objet d'une étude d'ici la fin de la législature.

Les ministres bruxellois ont marqué leur accord de principe à la tarification intelligente au kilomètre, mais pas avant que le RER ne constitue une offre alternative crédible.

Les piétons et les cyclistes ne sont pas oubliés pour autant. Plusieurs formules innovantes de piétonniers sont sur la table: semi-piétonniers, piétonniers à horaires différenciés, fermés certains jours, etc. Une étude va être lancée sur l'opportunité d'organiser un service public de bus scolaire assuré par la STIB.

Sans entrer dans le détail du contenu du plan, la secrétaire d'Etat Ecolo Christos Doulkeridis, interrogé jeudi, a jugé très important d'avoir trouvé un consensus sur une série d'objectifs "ambitieux et réalistes", à un moment ou Bruxelles est au coeur de "pas mal d'enjeux pour l'avenir".

Par rapport à la problématique du Logement dont il a la charge au sein du gouvernement, il s'est félicité des perspectives d'adaptation de l'offre de mobilité à la demande de logements dans les quartiers où ceux-ci vont émerger, dans le contexte de l'explosion démographique à laquelle Bruxelles doit faire face.

Le Vif.be, avec Belga

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