Mort du commanditaire de l'assassinat de Chris Hani, héros de la lutte anti-apartheid

03/11/16 à 16:47 - Mise à jour à 16:50

Source: Belga

(Belga) Un ancien député sud-africain blanc qui avait fourni le pistolet utilisé pour tuer le leader du Parti communiste Chris Hani en 1993, un assassinat qui avait failli faire basculer le pays dans la guerre civile, est décédé jeudi à 80 ans, selon plusieurs médias.

Mort du commanditaire de l'assassinat de Chris Hani, héros de la lutte anti-apartheid

Mort du commanditaire de l'assassinat de Chris Hani, héros de la lutte anti-apartheid © BELGA

"Clive Derby-Lewis, le tueur de Chris Hani, est mort. Sa femme Gaye a confirmé son décès", a rapporté le site de la chaîne d'informations eNCA. Condamné à perpétuité pour assassinat en 1993, il avait passé près de 22 ans en prison avant d'être remis en liberté en mai 2015 pour des raisons médicales. Il souffrait d'un cancer du poumon en phase terminale. Clive Derby-Lewis, député de l'aile radicale du Parti national au pouvoir pendant le régime raciste de l'apartheid, avait fourni l'arme du crime à Janusz Walus, un immigré polonais militant d'extrême droite, lui aussi condamné à perpétuité. Il avait alors affirmé avoir agi "pour défendre son peuple, menacé par une prise de pouvoir communiste". Chris Hani, entré au Panthéon des héros de la lutte anti-apartheid, était à l'époque le secrétaire général du Parti communiste sud-africain (SACP), et l'un des hauts dirigeants de la branche armée du Congrès national africain (ANC), Umkhonto we Sizwe. Il a été abattu par balles le 10 avril 1993 dans le garage de sa maison, dans une banlieue de Johannesburg. Sa mort était survenue au moment des délicates négociations entre Noirs et Blancs, un an avant les premières élections multiraciales qui ont marqué la fin officielle de l'apartheid et l'arrivée au pouvoir de Nelson Mandela, le premier président sud-africain noir. L'assassinat de Chris Hani avait exacerbé les tensions raciales, provoquant des émeutes violentes dans une Afrique du Sud secouée par les derniers soubresauts du régime ségrégationniste. Dans un vibrant discours à la télévision, Nelson Mandela lui-même avait appelé ses concitoyens au calme et à la réconciliation. (Belga)

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