Mons : petits arrangements entre "camarades" ?

13/09/12 à 12:35 - Mise à jour à 12:35

Source: Le Vif

Gilles Mahieu, secrétaire général du PS, a-t-il pris position en faveur d'un ami politique au détriment de la société de logements publics montoise ? Une lettre confidentielle dont nous avons obtenu copie pourrait le laisser penser. L'intéressé nie toute intervention.

Mons : petits arrangements entre "camarades" ?

© Frédéric pauwels / Huma

La société de logements sociaux Toit et Moi (ex-Sorelobo), la plus importante et l'une des plus endettées de Wallonie, a remboursé récemment plus de 16 000 euros de frais d'avocat à Victor Zdanov, l'un de ses anciens directeurs-gérants. Les juristes de la société s'y étaient pourtant opposés, de même que ceux de la Société wallonne du Logement (SWL), l'organe de tutelle. C'était compter sans l'intervention inopinée d'Alain Rosenoer, grand patron de la même SWL. Avec la bénédiction de Gilles Mahieu, secrétaire général du Parti socialiste ? L'ancien chef de cabinet du bourgmestre Elio Di Rupo soutenait en tout cas l'ex-directeur en question, comme lui militant socialiste montois.

Licencié en 2004, Victor Zdanov avait obtenu de copieuses indemnités de sortie : quelque 88 000 euros de préavis (9 mois) auxquels s'ajoutaient 154 000 euros nets d'impôt pour le "préjudice civil". Il faut dire que son contrat, signé sous la présidence de son beau-père Maurice Lafosse, lui garantissait un engagement "jusqu'à l'âge de la retraite sauf licenciement pour motif grave"...

A la suite d'un litige avec le fisc, qui lui réclamait l'impôt sur cette indemnité, Zdanov s'est adressé à un fiscaliste. Il a fini par obtenir gain de cause auprès de l'administration.

Le 6 avril 2011, il envoie la petite note de son avocat à la présidente de Toit et Moi, conseillère socialiste à Mons. Nous avons obtenu copie de cette lettre. Dès les premières lignes, Victor Zdanov invoque l'autorité du secrétaire général du PS : "Madame la présidente, suite aux différents entretiens avec monsieur Gilles Mahieu et comme il me l'a conseillé, je vous prie de trouver, en annexe, la note d'honoraires de mon conseil juridique (...)" Plus loin : "Comme me l'a récemment précisé monsieur Mahieu, il est convenu que la prise en charge des honoraires sera assurée par la société Toit et Moi."

L'intéressé ne renie pas ses propos : "C'était dans le courrier, mais il s'agit de contacts informels...", dit-il avec un brin d'hésitation.

Par l'entremise d'Ermeline Gosselin, porte-parole du PS, Gilles Mahieu confirme quant à lui "qu'il partage l'idée que, légalement, (Zdanov) était en droit de réclamer des frais de justice". Pour autant, le secrétaire général assure n'être jamais intervenu auprès du conseil d'administration et dit regretter que son avis ait été utilisé de cette manière.

Reste que Zdanov a fini par obtenir gain de cause devant le CA, majoritairement socialiste. Au total, son licenciement aura coûté plus de 260 000 euros à la société de logements.
A noter que Victor Zdanov, comme son beau-père Maurice Lafosse, a été renvoyé en correctionnelle dans le cadre de l'incendie de l'immeuble social Les Mésanges, qui avait fait sept morts et vingt-six blessés en février 2003 à Hyon.

Ettore Rizza

Enquête à lire en intégralité dans Le Vif/L'Express du 13 septembre.

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