Mondial-2022 - Les travailleurs migrants toujours victimes de travail forcé

31/03/16 à 03:44 - Mise à jour à 03:44

Source: Belga

(Belga) Les travailleurs migrants employés sur le chantier du Khalifa International Stadium à Doha (Qatar) pour la Coupe du monde de football de 2022, originaires pour la plus grande partie du Bangladesh, d'Inde et du Népal, sont victimes d'abus, y compris de travail forcé dans certains cas, dénonce Amnesty International dans un rapport publié jeudi. Parmi les entreprises mises en cause par l'association, on relève une filiale du groupe belge de construction Besix.

Mondial-2022 - Les travailleurs migrants toujours victimes de travail forcé

Mondial-2022 - Les travailleurs migrants toujours victimes de travail forcé © BELGA

Amnesty avait constaté, lors d'une visite au premier semestre 2015, des logements sordides surpeuplés, le versement de grosses sommes à des recruteurs pour obtenir un travail au Qatar, des tromperies quant à la rémunération ou au type de travail offert, des retards de paiement allant jusqu'à plusieurs mois, des employeurs qui ne donnent pas de permis de séjour ou ne le renouvellent pas, confisquent les passeports ou ne donnent pas de permis de sortie du territoire, ou encore des menaces aux travailleurs qui se plaignent de leur situation. Un an plus tard, certaines entreprises avaient répondu aux griefs de l'organisation, notamment en matière de logement et de passeports, mais d'autres abus n'ont pas été réglés, déplore Amnesty. La réforme du système de parrainage annoncée fin 2015 ne va guère modifier les rapports de force entre les travailleurs migrants et leurs employeurs, selon l'organisation. Celle-ci déplore également les normes de bien-être publiées en 2014 par le comité organisateur, et qui obligent les entreprises travaillant sur les chantiers de la Coupe du monde à accorder aux travailleurs de meilleures conditions que celles prévues par la législation du Qatar, soient impossibles à appliquer en raison de "l'apathie du gouvernement qatarien et de l'indifférence de la FIFA". Amnesty International demande dès lors aux sponsors de la Coupe du Monde de faire pression sur la FIFA pour qu'elle s'attaque au problème de l'exploitation des travailleurs. L'instance mondiale du football devrait quant à elle mener de manière régulière et indépendante ses propres inspections des conditions de travail au Qatar, réclame l'organisation. Amnesty souligne enfin que la question ne concerne pas que le Mondial 2022, le stade Khalifa étant situé au sein du complexe Aspire qui accueille régulièrement en stage les meilleures équipes européennes. Par ailleurs, l'une des deux principales entreprises chargées de superviser la rénovation du stade est Six Construct, filiale du groupe belge de construction Besix, fait remarquer l'organisation. (Belga)

Nos partenaires