Molenbeek : une boulangerie industrielle ravagée par les flammes

08/08/11 à 09:45 - Mise à jour à 09:45

Source: Le Vif

Dimanche soir, un important incendie a partiellement ravagé la boulangerie industrielle "La Wetterenoise", située à Molenbeek-Saint-Jean, en région bruxelloise. Les pompiers, dépêchés en nombre sur place, n'ont recensé aucun blessé. L'incendie aurait vraisemblablement une origine accidentelle, selon la police.

Molenbeek : une boulangerie industrielle ravagée par les flammes

© Image Globe

Le foyer, qui a débuté peu avant 18h00 dimanche, a complètement détruit deux entrepôts de l'entreprise, situe rue de Birmingham. Trois employés se trouvaient alors à l'intérieur du bâtiment. Selon leurs dires, le sinistre aurait débuté par une explosion, suivie par un violent incendie.

"A l'arrivée des pompiers, l'incendie était très important", a indiqué le porte-parole de la police, le commissaire Johan Berckmans. "Aucun élément ne permet pour l'instant de penser que l'incendie est le résultat d'un acte malveillant. Lundi après-midi, un expert se rendra sur les lieux en compagnie de membres du labo de la police fédérale. Cette enquête devrait permettre d'en savoir plus."

Présents en masse sur les lieux et appuyés par de nombreux véhicules d'intervention, les hommes du feu ont pu se rendre maître du sinistre en l'espace de quelques heures, malgré la survenance de quelques petites explosions sporadiques.

Vers 22h00, le sinistre était considéré comme maîtrisé, même si les pompiers planifiaient de rester une bonne partie de la nuit pour parer à toute reprise éventuelle du feu.

Une vingtaine de riverains situés à proximité ont dû être évacués et pris en charge par les services communaux de Molenbeek.

Des heures durant, le foyer a généré une importante colonne de fumée visible des quatre coins de la capitale. Selon les pompiers, celle-ci n'avait toutefois aucun caractère toxique.

Violences

L'événement a donné lieu à quelques violences entre des jeunes du quartier et la police envoyée sur les lieux, notamment pour établir un périmètre de sécurité autour du de l'édifice en flammes.

Les agents ont essuyé quelques jets de pierre à leur arrivée, mais ceux-ci ont pu reprendre contrôle de la situation assez rapidement, a indiqué le commissaire Johan Berckmans.

Les incidents n'ont pas été importants, a indiqué lundi midi le bourgmestre de Molenbeek, Philippe Moureaux. "De nombreuses personnes se trouvaient en rue en raison du ramadan et il y a eu un grand rassemblement lors de l'intervention des pompiers et policiers. Un petit groupe de jeunes a cassé les vitres d'un abribus mais cela n'a pas été plus loin", a expliqué le bourgmestre.

"C'est malheureusement devenu coutumier dans plusieurs communes bruxelloises lors de l'intervention des pompiers", déplore Philippe Moureaux.

Le bourgmestre avait été la cible de critiques il y a quelques semaines à la suite de plusieurs incidents et actes de violences qui avaient touché sa commune. Il a tenu ce lundi à relativiser les incidents de dimanche soir et a indiqué que la police communale avait depuis le mois de juin reçu quelques renforts ainsi que l'aide, certains jours, de quelques éléments de la police fédérale.

Pas de changement majeur depuis juin

"Depuis juin la situation n'a pas fondamentalement évolué", a réagi lundi midi Salvatore Mulas, directeur de l'ASBL L'Oranger, service d'aide en milieu
ouvert au nord-ouest de Bruxelles. "Il y a toujours à la base un problème socio-économique notamment, qui existe depuis des années. Les jeunes se sentent perpétuellement exclus, ils sont de plus en plus nombreux à ne pas avoir de travail et ils n'ont dès lors, dans notre société, accès à rien."

"Le danger, c'est que ces situations soient manipulées par des personnes qui ont d'autres intentions", pas toujours louables, nsiste-t-il.

"Cela peut conduire à des comportements incompréhensibles, liés au rejet de toute forme d'autorité, comme s'en prendre aux hommes du feu, sans que ce comportement soit lié à une expérience vécue au préalable", explique-t-il encore, insistant sur l'important "effet de groupe" lors de ces incidents.

Le Vif.be, avec Belga

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