Milquet scandalise la N-VA : l'éloge funèbre d'un député VU qui fâche à mort

06/05/11 à 14:05 - Mise à jour à 14:05

Source: Le Vif

Hier à la Chambre, la vice-première ministre présente en français les condoléances du gouvernement pour le décès d'un ancien député VU. Sa façon expéditive, à mille lieues du vibrant hommage que Milquet rend ensuite au PSC Albert Liénard aussi disparu, indigne la N-VA.

Milquet scandalise la N-VA : l'éloge funèbre d'un député VU qui fâche à mort

© Image Globe

On sait à quel point le torchon brûle entre la présidente du CDH et la N-VA. Hier, à la Chambre, le contentieux a pris un tour carrément morbide.

En fin de séance plénière, l'assemblée rend hommage à deux de ses anciens membres récemment décédés. Comme de coutume, un ministre associe les condoléances du gouvernement aux éloges funèbres prononcés par le président de la Chambre. En l'absence du Premier ministre Yves Leterme, la tâche revient à Joëlle Milquet, vice-première et ministre de l'Emploi. Le souhait a été émis par le CDH : parmi les deux défunts honorés, figure Albert Liénard, ancien ministre PSC et député de Frameries, la commune de la cheffe de groupe CDH à la Chambre, Catherine Fonck.

Mais d'abord, il s'agit de saluer la mémoire d'André De Beul, un député VU d'Anvers qui a siégé de 1971 à 1987 à la Chambre, et qui est décédé à 73 ans. A la clôture de l'éloge du défunt et des condoléances adressées par le président Flahaut (PS), Joëlle Milquet y va d'un : "je me joins à l'expression du président du Parlement." C'est sec, expédié à la vitesse de l'éclair, prononcé de façon à peine audible et ... en français s'il vous plaît ! C'est surtout d'un contraste cruel avec la manière dont Joëlle Milquet salue ensuite longuement, au nom du gouvernement, la mémoire de son ancien compagnon de parti. Albert Liénard, "grand homme d'Etat et grand ministre", a droit au vibrant éloge de "ses convictions, de son travail, de sa disponibilité, de ses multiples initiatives", avant que la ministre n'exprime "nos condoléances aux membres de sa famille."

La minute de silence passée, on s'agite sur les bancs de la N-VA, choquée par une différence de traitement aussi crasse entre l'hommage rendu à un VU et à un PSC. Jan Jambon, chef de groupe N-VA, se fait le porte-parole officiel de l'indignation des nationalistes flamands. "J'ignore si l'expression existe en français, mais en néerlandais on dit que chacun est égal dans la mort. Je dois bien constater aujourd'hui qu'une telle expression ne compte pas dans la bouche d'une famille politique. Pareille attitude est blâmable." Soucieux de clore l'incident, le président André Flahaut tente comme il peut de rattraper la sauce : "le président de la Chambre a fait une communication sur les deux personnes concernées."

Mais le mal est fait. Il témoigne d'un manque évident de tact, et d'une faute de goût dans le chef de la présidente du CDH. André Flahaut refuse d'y voir une intention malveillante et l'attribue à la maladresse : "il y a eu hésitation au sein du gouvernement sur la répartition des rôles entre ministres. Joëlle Milquet a manifestement été prise de court dans l'hommage qu'elle devait rendre, au nom du gouvernement, au député André De Beul. Pour une raison que j'ignore, la ministre s'est exprimée en français au lieu de lire les deux phrases en néerlandais que lui avait préparé en catastrophe l'un de ses collaborateurs", explique le président de la Chambre au Vif.be

Petites causes, gros effets. La N-VA s'est emparée de l'affaire. Dès hier, le tam-tam fonctionnait déjà à plein régime dans les rangs des nationalistes flamands. En soirée, un de leurs ténors, Siegfried Bracke, n'a pas manqué de rapporter le fait devant des militants limbourgeois. Façon de noircir davantage encore l'image de "Madame Non." Pour peu que la chose soit encore possible.

Pierre Havaux



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