Migration : Guy Verhofstadt exige un nouveau sommet européen

06/08/15 à 12:00 - Mise à jour à 16:26

Source: Belga

L'eurodéputé Guy Verhofstadt a réclamé jeudi la tenue au plus vite d'un sommet européen sur la question des flux de migration vers l'Europe.

Migration : Guy Verhofstadt exige un nouveau sommet européen

Guy Verhofstadt © Belga

L'eurodéputé belge Guy Verhofstadt a réclamé jeudi la tenue au plus vite d'un sommet européen sur la question des flux de migration vers l'Europe. La crise migratoire a redoublé d'ampleur ces dernières semaines avec un nouveau naufrage au large de la Libye mercredi d'un bateau de pêche chargé de plusieurs centaines de migrants, et les tentatives d'intrusion dans le tunnel sous la Manche d'autres clandestins pour rejoindre le Royaume-Uni.

Le chef du groupe libéral au Parlement européen et ancien Premier ministre belge, Guy Verhofstadt, a exigé une réunion des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE pour apporter une réponse aux drames des migrations.

"Sans délai, le président du Conseil européen (Donald Tusk) devrait convier un sommet d'urgence des leaders européens pour formuler une réponse plus globale à la migration", a-t-il indiqué sur Twitter. "Nous avons besoin de routes plus sures vers l'Europe pour ceux qui nécessitent notre protection ainsi que plus de ressources pour poursuivre les trafiquants d'êtres humains".

M. Verhofstadt s'est indigné du nombre de tragédies et de morts nécessaires avant que les leaders européens réagissent à cette "crise humanitaire en cours". Résoudre la question migratoire nécessite un "leadership politique" affirme encore l'eurodéputé, estimant que la France et le Royaume-Uni, pourraient "changer la donne" pour dégager une solution européenne. La relation entre les deux pays a été ébranlée récemment suite aux intrusions de migrants clandestins sur le site d'Eurotunnel à Calais (France) qui tentent de traverser le tunnel sous la Manche pour gagner le Royaume-Uni.

Un sommet extraordinaire consacré à la crise migratoire a déjà été convoqué fin avril. Les dirigeants européens se sont à nouveau penchés sur l'accueil des réfugiés fin juin, buttant toujours sur la réponse solidaire à apporter aux pays les plus touchés par les arrivées massives de migrants, la Grèce et l'Italie.

"Nous avons déjà eu plusieurs sommets d'urgence, ce qu'il faut maintenant c'est passer à l'action et plus aux paroles", a donc commenté une porte-parole de la Commission européenne.

Dans une déclaration conjointe, publiée jeudi midi en réaction au récent naufrage en Méditerranée, les commissaires européens Frans Timmermans, Federica Mogherini et Dimitris Avramopoulos ont souligné qu'aucun Etat membre ne pourrait effectivement gérer les problèmes de migration seul, et qu'il était évident qu'une approche européenne était nécessaire.

"L'immigration n'est pas un sujet populaire ou séduisant, il est facile de pleurer devant un écran de télévision en regardant ces tragédies. Il est plus difficile de se lever et prendre ses responsabilités. Ce que nous avons besoin maintenant est un courage collectif accompagné d'action concrètes, que de mots qui sonneront creux", ajoute le texte.

Le ministre français de l'Intérieur souhaite aller au Niger avec ses homologues européens

Le ministre français de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a proposé jeudi à ses homologues européens de se rendre "dans les prochaines semaines" au Niger, Etat-clé sur la route migratoire vers l'Europe, dans le cadre de la lutte contre l'immigration illégale.

"J'ai encore proposé hier au commissaire (européen pour les migrations Dimitris) Avramopoulos de nous rendre au Niger, en présence de la Commission, avec l'ensemble des ministres de l'Intérieur concernés, pour faire en sorte de mettre en place des centres de maintien et de réadmission qui permettent d'éviter ces flux de migrants", a déclaré M. Cazeneuve.

En mai, la Commission européenne avait annoncé un plan d'action pour l'immigration et l'asile, prévoyant notamment l'ouverture d'ici la fin de l'année d'une structure d'accueil pilote au Niger, où les migrants se feraient une "image réaliste" de leurs chances de succès, et où "des options pour l'aide au retour" leur seraient offertes.

Le ministre français avait peu après annoncé l'ouverture de plusieurs centres d'accueil au Niger afin de dissuader les Africains de poursuivre leur route vers l'Europe en leur proposant des alternatives économiques sur place.

M. Cazeneuve a réaffirmé jeudi l'importance de la mise en place de zones d'attente dites "hot spots" qui permettront de distinguer ceux qui relèvent du statut de l'immigration irrégulière de ceux qui relèvent du statut de réfugié en Europe".

Cette mesure vise à ne pas laisser l'Italie seule face à ce problème, a dit le ministre, qui s'exprimait au lendemain de la disparition au large de la Libye de plus de 200 migrants dans le naufrage de l'embarcation qui les menait en Europe.

Le Niger est un Etat-clé sur la route migratoire vers l'Europe, qui voit transiter plus de 60% des candidats ouest-africains à l'exil qui cherchent à gagner l'Italie via la Libye.

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