Michel Ier : le juteux filon des experts du privé

03/01/15 à 11:10 - Mise à jour à 11:10

Source: Le Vif/l'express

Cinq millions et demi d'euros à disposition des quatorze ministres fédéraux pour recruter des experts externes dans leurs cabinets : la coalition suédoise force la dose, à la veille d'engager ses réformes.

Michel Ier : le juteux filon des experts du privé

Charles Michel © Belga

Ceinture aux cabinets. Les ministres fédéraux paieront, eux aussi, leur écot à l'austérité ambiante. Ils se condamnent à être moins entourés et moins épaulés dans la lourde tâche qui les attend. Soixante-trois cabinettards en moins à leur service - ce qui en laisse encore 769 -, un train de vie en sourdine dans les cabinets, des dépenses en recul de 5,2 millions d'euros sur une enveloppe globale de 54 millions. Faire plus avec moins : un geste fort, vite relayé par communiqué de presse. Michel Ier (N-VA - CD&V - Open VLD - MR) ne pouvait taire la nouvelle plus longuement. Il en faudrait plus pour dépeupler les allées du pouvoir fédéral. Certains y conserveront leurs entrées. C'est le cas des experts externes, ces chargés de missions spéciales qui ont pour habitude de graviter autour de ce qu'il est convenu d'appeler "les organes stratégiques" d'un ministre. Ils sont distraits du secteur privé pour apporter leurs lumières sur des dossiers ciblés, techniques, pointus.

Le filon n'est pas neuf. Il est exploité depuis une quinzaine d'années, encouragé par la grande réforme Copernic qui était censée propulser la Fonction publique fédérale dans une nouvelle dimension, plus managériale, moins pantouflarde. Plus aucun gouvernement ne parvient à s'en passer. Les experts appelés au chevet des ministres sont devenus incontournables, irremplaçables. Il existe pourtant peu de traces de leur existence. Elle est attestée une fois l'an, par une simple ligne de crédit inscrite dans les volumineux documents budgétaires remis par chaque ministère. Sous la rubrique "organes stratégiques" du ministre, figure systématiquement la mention "Rémunérations et indemnités des experts" : une somme y est indiquée, sans note explicative de la dépense.

La coalition suédoise maintient le cap. Charles Michel (MR), Premier ministre : 412 000 euros prévus en 2015 pour faire appel à des experts externes. Koen Geens (CD&V), ministre de la Justice : 412 000. Jan Jambon (N-VA), Intérieur et Sécurité : 618 000. Didier Reynders (MR), Affaires étrangères et Beliris : 618 000. Kris Peeters (CD&V), Emploi, Economie et Consommateurs : 619 000. Johan Van Overtveldt (N-VA), Finances : 310 000. Etc, etc.

Tous ministres confondus, 5,566 millions euros sont ainsi programmés pour faire appel cette année à de l'expertise externe. De quoi éclairer sous un autre jour l'ampleur réelle du sacrifice annoncé par la com' de Charles Michel.

Lire l'enquête sur le juteux filon des experts du privé dans Le Vif/L'Express de cette semaine.

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