Michel 1er: le Belge perdra en moyenne 336 euros par an, avance le PS

03/11/14 à 10:38 - Mise à jour à 14:59

Source: De Morgen

En moyenne, le Belge perdra 336 euros par an de pouvoir d'achat suite aux nouvelles mesures prises par la Suédoise, c'est ce que révèlent les chiffres d'une étude de l'Institut Emile Vandervelde, révélée par DeMorgen.

Michel 1er: le Belge perdra en moyenne 336 euros par an, avance le PS

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L'Institut Emile Vandervelde, le centre d'étude du PS, a désiré savoir quel sera l'impact des nouvelles mesures de la Suédoise sur le portefeuille des Belges. Ses résultats ont été avalisés par un économiste de l'université de Gand et par un fiscaliste de la VUB. Les analystes se sont penchés sur la hausse de la déductibilité des frais forfaitaires, le saut d'index et les nouveaux impôts. Leur conclusion : tous les Belges perdront du pouvoir d'achat, et en moyenne, c'est pas moins de 336 euros que chaque Belge verra partir en fumée sur une année. Aux yeux du PS, le gouvernement "reprend donc d'une main ce qu'il a donné de l'autre et laisse les citoyens avec une perte sèche pouvant s'élever à plusieurs centaines d'euros par an". La paeti socialiste avance encore: "Contrairement à ce qu'elle prétend, l'augmentation de la déductibilité des frais forfaitaires ne compensera hélas pas le saut d'index et les autres atteintes au pouvoir d'achat".

L'IEV a calculé les gains et pertes des mesures gouvernementales pour sept profils de Belges. Cinq profils de travailleurs, deux de pensionnés. Il s'agit à chaque fois de personnes isolées. Le calcul pour des ménages est en effet bien plus compliqué et aléatoire, en fonction des situations propres à chaque famille. La perte dépend des revenus de chaque travailleur et selon ces données, un travailleur qui gagne par exemple 1900 euros nets par mois, soit le salaire médian en Belgique, gagnera en théorie 257 euros par an à partir de 2016 grâce à l'augmentation des frais forfaitaires, calcule le PS, mais en perdra 195 suite aux impôts plus élevés sur la consommation (accises, TVA, etc). De plus, ce même travailleur perdra 398 euros par an à cause du saut d'index. Au total, c'est donc 336 euros par an de pouvoir d'achat en moins. Autre exemple avancé: un chef d'équipe dans la construction gagnant 1.600 euros nets par mois perdrait 232 euros, et 562 euros pour une pension moyenne de 1.500 euros en carrière complète, illustre le PS.

"La situation est pire pour les pensionnés, les invalides, les demandeurs d'emploi et les indépendants puisqu'ils ne peuvent pas bénéficier de la déductibilité des frais forfaitaires", ajoute-t-il. L'impact du saut d'index pour les pensionnés tient compte de l'enveloppe de 127 millions que le gouvernement annonce pour les petites allocations.

Chiffres à l'appui: les retraités avec une pension moyenne de 1.500 euros verront leurs revenus diminuer de pas moins de 562 euros par an. La personne qui touche une pension minimum de 1123 euros perdra, elle, 300 euros par an.

"La seule mesure soi-disant positive pour les citoyens qui paient des impôts, l'augmentation des frais forfaitaires déductibles, coûtera 900 millions d'euros par an. Mais elle sera totalement compensée par une hausse des impôts sur la consommation (889 millions d'euros)", affirme le principal parti d'opposition, dans SudPresse et dans un communiqué.

Les chiffres du PS comportent des erreurs grossières, soutient Van Overtveldt

Les chiffres avancés lundi par le PS pour évaluer l'impact des mesures du gouvernement fédéral sur le pouvoir d'achat comportent "à première vue des erreurs grossières", a soutenu le ministre des Finances Johan Van Overtveldt par la voix de son porte-parole, sans préciser son propos. Il juge que ces chiffres, "provenant du service d'étude d'un parti bien défini, ne sont pas objectifs", promettant d'autres chiffres plus tard."Il ne faut pas oublier que ce gouvernement a comme objectif de créer de dizaines de milliers de jobs. Cela représente du nouveau pouvoir d'achat. Faire ce calcul en prenant compte uniquement des personnes qui travaillent est peu prévoyant", nuance-t-il.

"Ces chiffres sont justes", a commenté, pour sa part, le professeur d'économie Gert Peersman (UGent). "La perte du pouvoir d'achat est, en réalité, peut-être même encore plus élevée, car cette étude ne prend pas encore compte des autres économies envisagées par la coalition suédoise ".

Le fiscaliste Michel Maus (VUB, UA) est également d'accord avec la conclusion du PS. "Nous allons tous y perdre. Le citoyen ne sortira pas indemne de cet accord", déclare-t-il.

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