Mgr Léonard: "Je n'ai pas reçu le premier sou de Stéphane Bleus, si ce n'est un faux virement"

04/03/14 à 17:21 - Mise à jour à 17:21

Source: Le Vif

Cité dans l'"affaire Stéphane Bleus", cet escroc en fuite, Mgr Léonard, archevêque de Malines-Bruxelles, se confie au Vif.be.

Mgr Léonard: "Je n'ai pas reçu le premier sou de Stéphane Bleus, si ce n'est un faux virement"

© F.Pauwels

Le Vif.be : Stéphane Bleus, que vous connaissez depuis longtemps, est suspecté d'avoir grugé de quelque 100 millions d'euros des dizaines d'investisseurs belges et étrangers. Quelles étaient vos relations avec lui ?

Mgr Léonard : Stéphane Bleus s'est présenté pour être séminariste quand j'étais évêque à Namur. Je l'ai envoyé au séminaire Saint-Paul à Louvain-la-Neuve, où il n'est resté que quelques semaines.

Dans un mail daté du 29 septembre 2013, vous l'invitez à participer financièrement à un projet d'agrandissement du séminaire du Chemin, à Limelette. Vous avez été tenté par l'argent de ce "Madoff belge" ?

En septembre 2013, Stéphane Bleus m'a fait des propositions d'aides mirobolantes. Il m'a dit qu'il avait beaucoup d'argent, qu'il était prêt à me soutenir, à financer notamment une chaîne de télé pour le Web... Je lui ai, pour ma part, présenté quelques opportunités. En ignorant évidemment totalement l'origine des fonds ! Parmi ces opportunités, il y avait l'extension du séminaire de Limelette. L'idée était d'y former des prêtres du néo-catéchuménat qui auraient pu aller en Chine. Cette extension n'a jamais été réalisée puisque je n'ai pas reçu le premier sou, si ce n'est un faux virement que j'ai immédiatement débusqué.

Y a-t-il eu d'autres contacts entre Stéphane Bleus et vous ?

Peu avant notre échange de mails, j'avais visité ses bureaux de l'avenue Louise et la librairie catholique qui se trouve dans le même bâtiment. Suite à cela, il m'avait fait miroiter bien des choses... Il n'a jamais été question de budget, mais de projets concrétisant les offres de Stéphane Bleus.

La version intégrale de l'interview de Mgr Léonard figurera dans Le Vif/L'Express du 7 mars.

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