Maxime Prévot : "Je m'interroge sur le poids du PS en Wallonie"

15/03/13 à 09:47 - Mise à jour à 09:47

Source: Le Vif

Dans une interview au Vif/L'Express, Maxime Prévot, chef de groupe CDH au parlement wallon, dédramatise les tensions au gouvernement wallon. Tout en appelant le ministre-président, Rudy Demotte (PS), à exercer son leadership avec plus de vigueur.

Maxime Prévot : "Je m'interroge sur le poids du PS en Wallonie"

© Laurie Dieffembacq/Image Globe pour Le Vif/L'Express

Le Vif/L'Express : Les tensions au gouvernement wallon se multiplient. Qu'est-ce qui ne tourne pas rond ?

Maxime Prévot : Des divergences de vues apparaissent sur certains dossiers. Mais ça ne m'inquiète pas. Ce n'est pas parce que trois formations politiques décident de travailler ensemble qu'elles se confondent, qu'elles se fondent et encore moins qu'elles se morfondent. Un pacte de majorité, c'est un compromis, ça n'empêche pas chaque parti de garder son ADN. Que des opinions divergentes s'expriment ici et là, c'est sain. On a assez des doigts d'une main pour lister les dossiers qui provoquent des frictions au sein de l'Olivier. Il n'y en a que trois, en fait : l'éolien, la politique énergétique et la réforme du Code wallon de l'aménagement du territoire (Cwatup).

Les verts irritent de plus en plus leurs partenaires de coalition. Pourquoi ?

Sur les sujets liés à l'énergie et à l'aménagement du territoire, ils conservent une approche trop idéologique. C'est ce qui crée l'agacement. Un exemple : le Schéma de développement régional (SDER). Dans ce dossier, beaucoup d'élus sont interpellés par la volonté de miser à tout prix sur des noyaux de centralité, au détriment du monde rural.

Le ministre-président wallon manque-t-il de leadership ?

Je pense qu'on gagnerait à avoir un Rudy Demotte qui s'affirme davantage dans la gestion de l'équipe. Mais je ne veux pas que mon propos soit perçu comme une critique. Rudy Demotte doit composer avec des fortes personnalités - les Nollet, Antoine et Marcourt. Pour faire avancer ensemble les trois vice-présidents, il est utile d'avoir un profil marqué par la tempérance, et Rudy Demotte, c'est quelqu'un qui apaise.

Le président du MR, Charles Michel, affirme que les socialistes exercent une influence pesante sur la Wallonie. D'accord avec lui ?

Très objectivement, on sent parfois le poids des ans. Quel que soit le parti politique, ce n'est jamais sain de rester plusieurs décennies au pouvoir. On finit par trop s'y habituer. Maintenant, il ne faut pas non plus caricaturer. Je m'interroge parfois sur le poids du PS en Wallonie, mais je ne suis pas assez sot pour croire que mettre le PS dans l'opposition règlera tous les problèmes.

Sous la présidence de Joëlle Milquet, le CDH a donné l'impression d'être devenu un parti de gauche.

C'est vrai. Cette impression tient à la personnalité de Joëlle, qui a une sensibilité de centre-gauche et qui était omniprésente dans les médias, à tel point qu'elle éclipsait nos autres ministres. Par contagion, cela a donné l'impression que le CDH était devenu un parti de gauche. Mais il n'en est rien. Moi, je ne suis ni de gauche, ni de droite, je suis pour le bon sens.

Le parlement wallon a voté en 2010 un décret qui restreint le cumul entre les fonctions de député et de bourgmestre. Une évolution positive ?

Non.

Vous l'avez accepté uniquement parce qu'Ecolo l'a imposé ?

Voilà. A l'époque, en 2009, c'était le pas-de-porte pour négocier la formation du gouvernement. Mais je ne pense pas que cette réforme a apporté une plus-value pour la Wallonie. D'ailleurs, quand on parle d'aménagement du territoire, on voit bien que certains écologistes défendent des positions dogmatiques, car ils n'ont jamais été confrontés à la réalité de terrain.

L'interview intégrale dans Le Vif/L'Express de cette semaine.

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