Mauritanie: peine de mort confirmée pour un blogueur "mécréant"

22/04/16 à 02:23 - Mise à jour à 02:23

Source: Belga

(Belga) La condamnation à mort d'un blogueur mauritanien pour "apostasie" a été confirmée jeudi en appel, mais les faits ont été requalifiés en "mécréance", une accusation moins lourde, entraînant le renvoi du dossier à la Cour suprême, a appris l'AFP de source judiciaire.

La cour d'appel de Nouadhibou, dans le nord-ouest de la Mauritanie, a "confirmé la peine de mort prononcée contre le jeune blogueur" le 24 décembre 2014, mais pour "mécréance", en raison de son repentir, dont la Cour suprême devra apprécier la sincérité, en vue de son éventuelle relaxe, a précisé cette source. La peine de mort prévue pour "apostasie" par l'article 306 du Code pénal est sans appel, mais en cas de "mécréance", ce texte prévoit que, si le condamné "se repent avant l'exécution de cette sentence, le parquet saisisse la Cour suprême", a expliqué la même source, jointe par téléphone de Nouakchott. L'accusé, Cheikh Ould Mohamed Ould Mkheitir, également identifié comme Mohamed Cheikh Ould Mohamed, un musulman âgé d'une trentaine d'années, est détenu depuis le 2 janvier 2014 pour un article sur internet considéré comme blasphématoire envers le prophète de l'islam. L'opinion mauritanienne avait favorablement accueilli la peine de mort prononcée en première instance. L'annonce de la sentence avait même été saluée par des manifestations de joie à Nouadhibou et à Nouakchott. Ex-colonie française devenue indépendante en 1960, la Mauritanie est une République islamique où la charia (loi islamique) est officiellement en vigueur mais dont les sentences extrêmes comme les peines de mort et de flagellation ne sont plus appliquées depuis une trentaine d'années. La peine de mort n'y est pas officiellement abolie mais la dernière exécution remonte à 1987, selon des défenseurs des droits humains. Cette affaire est le premier cas de condamnation à mort pour apostasie dans le pays. (Belga)

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