Manifestations "de masses" du 30 mars au 4 avril

11/03/15 à 15:57 - Mise à jour à 15:57

Source: Belga

Quelque 7.500 personnes selon la police et 10.000 personnes selon les syndicats se sont rassemblées mercredi place de la Monnaie à Bruxelles à l'appel du front commun syndical.

Manifestations "de masses" du 30 mars au 4 avril

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Dans leurs discours, les leaders syndicaux ont rappelé leurs revendications, dont leur opposition farouche au saut d'index. Un calendrier d'actions a également été établi pour la fin du mois de mars.

L'objectif était de faire pression sur le gouvernement afin de l'amener à revoir ses positions sur la fiscalité, les mesures en matière de chômage et de disponibilité, la réforme des pensions, le pouvoir d'achat, le saut d'index et les services publics, selon les syndicats.

"Le saut d'index, c'est 2% de perte de salaire", a indiqué Rudy De Leeuw, du syndicat socialiste ABVV, dans son disours. "Et avec les prépensionnés, ce gouvernement recommence! Qu'il fasse bien attention à ce mouvement", a-t-il prévenu. "Nous sommes forts et les actions continueront", a-t-il ajouté, annonçant un nouveau calendrier d'actions.

"Le 19 mars, nous appelons au soutien à l'action que mèneront les services publics", ont indiqué Rudy De Leeuw, de l'ABVV, Marie-Hélène Ska, secrétaire générale de la CSC et Marc Goblet, secrétaire général de la FGTB, dans leurs discours. Le 29 mars, le front commun syndical appelle à participer à l'action du collectif "Hart boven hard - tout autre chose". Enfin, le front commun syndical appelle à "des manifestations de masses" dans les provinces du 30 mars au 4 avril, selon les termes utilisés par Marc Goblet, sans préciser à ce stade la manière dont ces manifestations se dérouleront.

"On ne gouverne pas à coups de slogan et de mépris", a pour sa part indiqué Marie-Hélène Ska. "Dire que l'on veut lutter contre la fraude fiscale et, dans le même temps, réduire les moyens de l'administration et de la Justice, ce n'est pas du bon sens. Désinvestir dans la SNCB, ce n'est pas du bon sens", a-t-elle déclaré. "Il y a moins de 15 jours, nous avons conclu un accord. Nous ne sommes pas d'accord qu'il soit détricoté, juste pour une question de testostérone entre le gouvernement et les partenaires sociaux."

Marc Leemans, de l'ACV, a abondé dans le sens de sa collègue. "Notre travail, c'est de conclure des accords, et nous le faisons. Mais le gouvernement reste sourd", a-t-il indiqué. Selon lui, "le saut d'index, c'est une taxe de 2% inacceptable sur l'ensemble des travailleurs et des allocataires sociaux. Le gouvernement veut-il vraiment respecter la concertation sociale et effectuer un glissement fiscal?", s'est-il également interrogé.

Le secrétaire général de la FGTB, Marc Goblet, champion à l'applaudimètre, a rappelé que "les syndicats représentent 4 millions de travailleurs", signalant que les pays sans syndicats sont des "régimes totalitaires".

"Quand patrons et syndicats s'entendent, ce n'est pas pour faire joli"

"Le 15 décembre, nous menions une grève générale. Quelque jours plus tard, grâce à cette mobilisation, nous avions conclu un premier accord", a rappelé M. Goblet. "Mais ils ne respectent rien", a-t-il ajouté à l'attention du gouvernement se demandant s'il existait dans le chef de l'équipe de Charles Michel une volonté de respecter la "liberté de négocier."

Marc Goblet a enfin rappelé ses trois principales revendications: une politique d'investissement en faveur de l'emploi, des services publics de qualité et une fiscalité qualifiée de plus juste. "Les travailleurs doivent payer 30 à 50% d'impôts alors que les revenus mobiliers ne sont taxés qu'entre 0 et 25%, c'est injuste", a-t-il conclu.

"Quand patrons et syndicats s'entendent, ce n'est pas pour faire joli", a de son côté indiqué Olivier Valentin, secrétaire national de la CGSLB. Son collègue néerlandophone Jan Vercamst a pour sa part qualifié le gouvernement Michel d'"enquiquineur."

Les militants ont quitté la place de la Monnaie peu après 12h00.

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