Manifestation des routiers: "Du progrès en Flandre et en Wallonie, moins à Bruxelles"

18/06/15 à 20:28 - Mise à jour à 20:28

Source: Belga

Les organisations professionnelles du transport disent avoir enregistré des progrès dans leurs contacts avec les gouvernements flamand et wallon, mais pas bruxellois.

Manifestation des routiers: "Du progrès en Flandre et en Wallonie, moins à Bruxelles"

© BELGA/Thierry Roge

Les organisations professionnelles du secteur du transport et de la logistique UPTR, Febetra et Transport & Logisitiek Vlaanderen (TLV), qui sont à l'initiative de la manifestation des transporteurs routiers dans les rues du centre de la capitale jeudi, disent avoir enregistré des progrès dans leurs contacts avec les gouvernements flamand et wallon quant aux mesures devant être prises pour leur venir en aide après la mise en place, à partir d'avril 2016, d'une taxe par kilomètre parcouru. Elles déplorent en revanche ne pas avoir reçu une oreille attentive de l'exécutif bruxellois par rapport à leurs griefs.

Le gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale entend maintenir une taxe différenciée par rapport à la Wallonie et à la Flandre et privilégier les camionnettes au détriment des poids lourds, dont il veut réduire fortement la présence dans la capitale.

"L'exécutif bruxellois reste sur son idée d'une taxe presque double par rapport aux deux autres Régions", déplore le président de la Febetra Willy Van Loon. "A notre sens, ce n'est pas une bonne idée parce qu'il y aura alors beaucoup de camionnettes dans Bruxelles et cela posera des problèmes en termes de livraisons. Nous lui avons exposé nos arguments mais le gouvernement n'y a pas prêté une oreille attentive", constate-t-il.

"Ce n'est pas parce que l'on termine la journée avec un sentiment globalement positif que l'on n'exclut pas de nouvelles actions", tempère le président de l'UPTR Bruno Velghe.

M. Van Loon prédit d'ailleurs qu'il sera difficile de communiquer les résultats de l'entrevue avec l'exécutif bruxellois aux membres de son organisation. Il ne prévoit cependant pas de nouvelles actions du secteur dans l'immédiat. "C'est bien sûr aux membres de décider mais je n'attends rien avant septembre", dit-il.

D'ici là, de nouveaux contacts seront établis entre l'UPTR, la Febetra et TLV et les gouvernements régionaux pour discuter de façon concrète des mesures complémentaires pouvant être mises en place afin d'aider le secteur à assumer la nouvelle taxe.

Bruxelles entend garder une taxe kilométrique différenciée par rapport aux autres régions

Le gouvernement bruxellois a reçu jeudi les représentants du secteur du transport et de la logistique et leur a assuré qu'il entendait garder une taxe kilométrique différenciée par rapport aux régions wallonne et flamande. "Bruxelles est une ville-région, qu'on ne peut comparer avec la Flandre et la Wallonie. Nous voulons privilégier les camionnettes et débarrasser la ville des grands camions", a indiqué le ministre bruxellois de la Mobilité Pascal Smet (sp.a).

Après avoir été reçus par des représentants des gouvernements flamand et wallon et répondu à l'invitation du député régional libéral Jean-Luc Crucke (MR), les représentants de la Febetra, de l'UPTR et de Transport & Logistiek Vlaanderen, soit les trois organisations professionnelles du secteur, se sont entretenus avec des membres de l'exécutif bruxellois, dont le ministre-président Rudi Vervoort (PS) et le ministre du Budget Guy Vanhengel (Open VLD).

La taxe kilométrique et cette volonté de débarrasser la ville des poids lourds s'inscrivent dans un grand plan logistique pour la capitale, a expliqué M. Smet, également présent à la réunion.

M. Vervoort a, lui, confirmé la volonté de son gouvernement d'"identifier, d'ici à l'entrée en vigueur de la taxe kilométrique, les actions prioritaires nécessaires au développement d'une nouvelle approche de la logistique, plus douce, multimodale et adaptée au territoire urbain".

Une concertation sera menée par le ministre bruxellois de la Mobilité durant le mois de juillet et associera les partenaires sociaux afin de définir les mesures d'accompagnement qui peuvent être mises en place. La mise à l'emploi des jeunes qui ont du mal à décrocher un job en fait notamment partie.

Le gouvernement bruxellois confie, enfin, avoir déjà accordé plusieurs concessions au secteur lors de négociations menées en avril dernier.

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