Manifestation à Téhéran malgré la mise en garde du gouvernement

30/12/17 à 19:29 - Mise à jour à 19:31

Source: Belga

(Belga) La police a dispersé samedi avec des gaz lacrymogènes des jeunes manifestant contre le pouvoir à Téhéran après la mise en garde du gouvernement contre les "rassemblements illégaux", au troisième jour d'un mouvement de protestation contre les difficultés économiques et le régime.

Des dizaines d'étudiants se sont rassemblés samedi à la mi-journée devant l'entrée principale de l'université de Téhéran pour protester contre le pouvoir, avant que les forces de l'ordre ne les dispersent avec des gaz lacrymogènes. Des centaines d'étudiants prorégime criant des slogans contre les "séditieux" ont pris un peu plus tard le contrôle du lieu, selon des vidéos publiées sur les réseaux sociaux. Mais en fin d'après-midi, des centaines de personnes ont manifesté ailleurs dans le quartier de l'université, scandant des slogans hostiles au pouvoir, avant d'être dispersées par la police anti-émeute largement déployée. Des médias ont fait état de poubelles incendiées et autres destructions à Téhéran, dénonçant les "fauteurs de trouble". Des vidéos diffusées sur la messagerie cryptée Telegram montrent des milliers de manifestants criant notamment "mort au dictateur", présentant ces protestations comme ayant eu lieu notamment dans les villes de Khorramabad, Zanjan ou Ahvaz, dans l'ouest du pays. Ces images étaient cependant invérifiables dans l'immédiat et les médias locaux ont gardé le silence sur de nouveaux rassemblements samedi en province. Sur Twitter, le ministre des Télécommunications, Mohammad-Javad Jahormi, a accusé Telegram, très suivi en Iran, d'encourager le "soulèvement armé". Plus tôt dans la journée, le ministre de l'Intérieur Abdolreza Rahmani Fazli avait demandé à la population de ne pas participer aux "rassemblements illégaux". Face aux maux économiques du pays, isolé et soumis pendant des années à des sanctions internationales pour ses activités nucléaires sensibles, des protestations sociales ont eu lieu jeudi et vendredi dans plusieurs villes de province dont celle de Machhad, la deuxième d'Iran. Des protestataires ont scandé des slogans hostiles au pouvoir dont le président Hassan Rohani. Le nombre des manifestants était limité à quelques centaines mais c'est la première fois qu'autant de villes sont touchées par un tel mouvement depuis 2009, lorsqu'un mouvement de contestation contre la réélection de l'ex-président ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad avait été violemment réprimé. (Belga)

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