Malgré les excuses, le PS demande encore la démission de Theo Francken

16/10/14 à 20:32 - Mise à jour à 23:29

Source: Belga

Théo Francken a présenté jeudi des excuses, qui n'ont pas convaincu l'ensemble des députés. Si seuls les socialistes ont continué à exiger la démission du secrétaire d'Etat, Ecolo, cdH et sp.a ne sont pas montré rassurés pour autant.

Malgré les excuses, le PS demande encore la démission de Theo Francken

Theo Francken © Belga

Les députés Julie Fernandez Fernandez (PS), Fatma Pehlivan (sp.a), Zakia Khattabi (Ecolo) et Ahmed Laaouej (PS) ont clamé jeudi leur fierté d'être belges et rendu hommage à leurs aïeuls et au parcours de ceux qui ont contribué à développer la Belgique, le secrétaire d'Etat à l'Asile et aux Migrations Theo Francken ayant il y a quelques années estimé que toutes les migrations ne se valaient pas. Ce dernier a présenté jeudi des excuses, qui n'ont pas convaincu l'ensemble des députés. Critiqué par l'opposition pour la ligne politique qu'il entendait imprimer, il a assuré qu'il s'en tiendrait au prescrit légal national et international.

"Le PS a entendu les excuses. Ce n'est pas rien mais ce n'est pas assez. Nous ne demandions pas des excuses mais une démission. C'est trop facile de s'excuser en vingt secondes, puis de dire 'on oublie tout'", a dit Julie Fernandez Fernandez (PS) dénonçant la "faute" et la "faiblesse" du Premier ministre Charles Michel. Si seuls les socialistes ont continué à exiger la démission du secrétaire d'Etat, Ecolo, cdH et sp.a ne sont pas montré rassurés, plusieurs élus d'origine étrangère disant au secrétaire d'Etat Francken leur "fierté d'être belges", une nationalité que ce dernier avait dit "haïr". Ils ont également rappelé les nombreuses plus-values des immigrations congolaises, marocaines, algériennes et autres que le secrétaire d'Etat avait remises en cause. "No pasaran!", a lancé Julie Fernandez accusant le secrétaire d'Etat de vouloir distiller la peur dans la population.

"Vos déclarations sont racistes et discriminantes", a asséné à Theo Francken Fatma Pehlivan (sp.a), s'étonnant que Najma Lanjri (CD&V) et Zuhal Demir (N-VA), sur les bancs de la majorité aient plu oublier la plus-value économique des migrants venus dans les années '60. Erigeant un "cordon sanitaire" autour de Theo Franncken, Zakia Khattabi (Ecolo) s'est adressée au Premier ministre Charles Michel qui avait évoqué, dans sa condamnation de la collaboration, le sort de son grand-père mort au sortir de la guerre. Elle a elle-même rendu hommage à ses propres grands-parents et à toute la diaspora qui a contribué au développement de la Belgique. Ahmed Laaouej (PS) s'est joint à cet instant de solennité pour rappeler le rôle des tirailleurs marocains, algériens et africains qui ont freiné l'offensive allemande en mai 1940 à Gembloux, ainsi que celui de nombreux mineurs morts de maladie. "N'est-ce pas là une plus-value?", a-t-il lancé à Theo Francken. Alors que le chef de groupe MR Denis Ducarme avait loué la volonté du gouvernement d'opter pour une "maîtrise de la migration", "humaine et ferme", dans la foulée du gouvernement précédent, la cheffe de groupe PS Laurette Onkelinx s'est montrée dubitative, certainement avec "un raciste à la tête du département".

"Je ne permets pas de dire que Theo Francken est raciste, que la N-VA est raciste", a coupé Zuhal Demir (N-VA). Sa collègue Sarah Smeyers (N-VA) a défendu la nouvelle politique migratoire, plus économique, plus moderne et plus "efficace" en matière de rapatriement. Theo Francken a regretté la lecture "sélective" de l'accord faite par l'opposition. Il s'est étonné du peu de cas fait autour de l'amélioration des procédures et des charges administratives, l'attention portée aux victimes de trafics et aux mineurs non accompagnés. Il y a effectivement une "tendance à caricaturer", a regretté Denis Ducarme. "Je peux entendre partiellement les excuses", avait dit préalablement Monica De Coninck (sp.a) mais votre politique souffre d'un problème de formulation présentant trop souvent les étrangers comme des fraudeurs, des gens à rapatrier, des sans-papiers criminels, des gens dont il faut vérifier le patrimoine". "Qui a dit que la N-VA avait des relents racistes, après moi? C'est le Premier ministre. Pour une fois, je suis d'accord avec lui", a conclu Francis Delpérée (cdH).

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