Maldives: le Parlement bouclé par l'armée

25/07/17 à 10:13 - Mise à jour à 10:15

Source: Belga

(Belga) Le gouvernement des Maldives a fait boucler par l'armée le Parlement, une mesure qu'il a justifiée mardi en invoquant des considérations de sécurité avant la visite de dignitaires étrangers.

L'opposition, elle, a accusé le président Abdulla Yameen de chercher à empêcher l'examen d'une motion de destitution du président du Parlement monocaméral, le Majlis du peuple. Dans un communiqué, la présidence indique mardi que le Parlement est fermé dans le cadre de mesures de sécurité avant les cérémonies du 52e anniversaire de l'indépendance de l'archipel, qui se tiendront mercredi en présence de "personnalités étrangères importantes". Le Premier ministre pakistanais Nawaz Sharif est l'invité d'honneur de ces festivités qui débutent mardi pour trois jours. Le Parti démocratique des Maldives (MDP) de l'ex-président en exil Mohamed Nasheed a affirmé que certains députés avaient forcé les cordons de l'armée lundi pour tenter d'entrer dans le Parlement mais avaient reçu des gaz lacrymogènes avant d'être expulsés des lieux. M. Nasheed a jugé illégale l'action des forces de l'ordre. Plus tôt lundi, les grilles du Parlement avaient été cadenassées par l'armée qui interdisait aux députés d'entrer. L'opposition, qui entend priver M. Yameen du contrôle du Parlement avant la présidentielle de 2018, affirme avoir rallié des parlementaires dissidents de la majorité pour lancer une procédure de destitution du président du Majlis. Dans un communiqué, le secrétariat du Parlement a cependant affirmé que cette motion de destitution n'était pas valide et que les députés se réuniraient à nouveau le 31 juillet. Une première tentative de destituer le président du Parlement avait donné lieu en mars à une séance houleuse, quand les militaires étaient entrés dans le Parlement pour en expulser certains élus de l'opposition. Premier président démocratiquement élu des Maldives, M. Nasheed entend défier l'actuel chef de l'Etat qui l'avait battu lors d'un scrutin controversé en 2013. La Constitution interdit à M. Nasheed de se présenter en raison de sa condamnation en 2015 pour un chef lié au terrorisme - motivée selon l'ONU par des considérations politiques. Il espère cependant faire lever cet obstacle grâce à la pression de la communauté internationale. Incarcéré, M. Nasheed était parti en 2016 à la faveur d'une permission médicale au Royaume-Uni. (Belga)

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