Maggie De Block, madame sans gêne

17/11/14 à 07:30 - Mise à jour à 07:30

Source: Belga

Sa force, c'est son absence de doutes. La nouvelle ministre de la Santé, Maggie De Block, avance en politique comme elle fait ses longueurs à la piscine : sans s'arrêter. Avec le podium en point de mire. Retour sur une femme devenue grande grâce à ses petitesses.

Maggie De Block, madame sans gêne

/ © Belga

Sur le quai de la gare, la fillette de 8 ans attend le train. Septembre 1970. Accrochée à son cartable, Maggie quitte pour la première fois Merchtem pour se rendre par le rail, seule, à l'école de Laeken. Un saut dans l'inconnu. Une césure. Malgré son jeune âge, il y a déjà un avant et un après dans la vie de cette enfant : avant, elle avait un père. Il est mort, quelques mois plus tôt, dans un accident de voiture. Avant, la vie était simple, limitée au périmètre de Merchtem - pourquoi aller chercher ailleurs que dans le Brabant flamand ce que l'on trouve à sa porte ? "Quand on prend une claque comme celle-là dans l'enfance, on développe un caractère fort, avance Eddie De Block, cadet de cinq ans de Maggie et bourgmestre de Merchtem. On doit tirer son plan." Près de quarante-cinq ans après avoir pris ce train pour la première fois, Maggie De Block (Open-VLD) est devenue la personnalité politique la plus populaire de Flandre. Et les francophones ne sont pas en reste.

Dans l'intervalle, Maggie De Block est successivement devenue épouse à 19 ans, mère à 21 puis médecin à 25, avec grande distinction. Elle entre en 1999 au Parlement fédéral. "Elle n'avait pas d'ambition en tant que telle, se remémore le député Mathias De Clercq, mais elle fait ce en quoi elle croit". Et elle croit dans ce qu'elle fait. "Sa force, c'est qu'elle n'a aucun doute", soupire un représentant du monde associatif.

Alors elle travaille. Tous s'accordent à dire que cette femme d'intelligence met un point d'honneur à maîtriser ses dossiers à fond. Y compris les plus techniques. A la tête de la commission Infrastructure au moment de la catastrophe ferroviaire de Buizingen, elle a dû se pencher pendant des heures sur les différents systèmes de freinage des trains.

En 2011, quand il s'agit de composer le gouvernement Di Rupo, Herman De Croo souffle son nom à son fils Alexander, alors président de l'Open VLD. Ce dernier lui confie le poste de secrétaire d'Etat à l'Asile et à l'Immigration, dont personne ne voulait. "Ses débuts ont été très difficiles, résume un ténor libéral flamand. Alexander de Croo la faisait accompagner par ses deux porte-parole afin d'éviter une catastrophe". Puis le vent a tourné. Aux critiques, Maggie De Block a systématiquement offert les mêmes réponses : le travail, le rire et un détachement manifeste. "Je ne lis plus les journaux. J'y lis des tas d'analyses compliquées sur moi. Est-ce bien de moi qu'il s'agit ?", demande-t-elle avec une candeur dont on a du mal à calculer l'authenticité.

Le portrait dans Le Vif/L'Express de cette semaine. Avec :

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