Maggie De Block lâche les numéros INAMI

05/12/14 à 21:17 - Mise à jour à 21:16

Source: Belga

Les numéros INAMI pourront être délivrés à l'ensemble des étudiants francophones en attente cette année, moyennant un lissage négatif pour l'avenir, a annoncé vendredi la ministre des Affaires sociales et de la Santé Maggie De Block, qui a dit attendre en contrepartie un geste fort de la Fédération Wallonie-Bruxelles, à savoir une diminution drastique du nombre d'étudiants à partir de la rentrée académique 2015.

Maggie De Block lâche les numéros INAMI

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Pour le plus long terme, Mme De Block a prié son administration de faire de l'établissement du cadastre des médecins la priorité. Celui-ci doit permettre de fixer les futurs quotas en fonction de l'offre disponible et des besoins. Le ministre de l'Enseignement supérieur Jean-Claude Marcourt a accepté de "réfléchir" à la piste que lui a soumise sa collègue fédérale, a dit Mme De Block à l'issue de la rencontre avec ses deux collègues, francophone et flamand. M. Marcourt n'a pas souhaité rencontrer la presse à l'issue de cette rencontre. "Il est prêt à faire évoluer le système mis en place pour limiter l'afflux d'étudiants selon des modalités à définir avec les facultés de médecine, si, en parallèle, Maggie De Block objectivise le cadastre. Ceci permettra de revoir le système opaque actuel des quotas INAMI qui ne repose plus sur une réalité objective", a fait savoir son porte-parole.

La ministre fédérale a donc annoncé que les numéros INAMI seront délivrés cette année à l'ensemble des étudiants francophones qui attendent une solution pour le 15 décembre. "Les doyens francophones délivreront de nouveau toutes les attestations de stage nécessaires aux étudiants de 4e année, comme la réglementation les y autorise", a-t-elle dit. La ministre Open Vld précise toutefois que cela se fera moyennant un lissage négatif pour l'avenir. "Le surnombre d'étudiants, francophones et néerlandophones, qui ont été formés précédemment, devra être déduit du nombre d'étudiants qui seront formés au cours des prochaines années", prévient-elle.

Avec la piste mise vendredi soir sur la table, Maggie De Block estime avoir fait un "geste très fort". Elle en attend autant de la part de Jean-Claude Marcourt. "Il faut instaurer un système effectif qui garantit qu'à partir de 2015 le nombre d'étudiants qui entament la formation n'excède plus le nombre maximum d'étudiants qui pourront être diplômés", a-t-elle dit. En d'autres termes, elle ne voit pas d'autre solution que d'organiser un examen d'entrée, comme cela se pratique en Flandre, une option jusqu'ici rejetée par Jean-Claude Marcourt.

Dans le même temps, la ministre fédérale invite son administration à sortir le plus rapidement possible son cadastre "complet et dynamique". Elle en fait une "priorité". Nombreux sont ceux qui, côté francophone évoquent une pénurie de certaines spécialités médicales dans plusieurs bassins géographiques. Plusieurs problèmes se posent tels que l'afflux massif d'étudiants français qui repartent avec, en poche, un numéro INAMI, l'évolution de la profession vers des temps partiels, certains médecins n'exerçant plus ou quasiment plus mais conservant leur numéro INAMI, etc. "Le cadastre offrira à la Commission de planification une base solide pour prendre des décisions à long terme en connaissance de cause sur les futurs quotas de médecins et de dentistes", a indiqué vendredi Mme De Block.

La ministre fédérale recevait vendredi soir Jean-Claude Marcourt et sa collègue flamande Hilde Crevits, moins concernée même si le problème des étudiants surnuméraires commence à se faire sentir également en Flandre, dans une proportion plus relative. Les contacts entre les trois ministres sont de toute manière nécessaires en vue de futures rencontres en conférence interministérielle.

Maggie De Block concluait vendredi soir une longue phase de consultations concernant la problématique des médecins francophones. Elle a notamment reçu les doyens de facultés et les représentants des étudiants. Plusieurs d'entre eux se sont montrés enclins au débat sur une sélection conditionnée à l'entame des études moyennant une redéfinition de la planification.

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