Licenciée à cause de son foulard : "nous nous sommes adaptés aux habitudes belges"

08/03/11 à 17:19 - Mise à jour à 17:19

Source: Le Vif

La chaîne néerlandaise de magasins Hema a indiqué que le licenciement d'une employée n'était pas lié au fait qu'elle portait un foulard.

Licenciée à cause de son foulard : "nous nous sommes adaptés aux habitudes belges"

© Belga

"En Belgique on constate clairement qu'il n'est pas habituel de porter un foulard quand on travaille dans une chaîne de magasin, un supermarché et dans une fonction publique. Nous nous sommes seulement adaptés aux usages belges", indique la société dans un communiqué. "Les clients belges accordent vraisemblablement beaucoup d'importance à une image neutre et discrète en la matière pour les chaînes de magasin."

Hema a décidé de ne pas prolonger le contrat d'une employée d'un magasin du Limbourg portant le voile après avoir reçu de nombreuses réactions négatives de clients.

"Parce qu'il n'est pas dans les habitudes en Belgique de porter le voile dans les espaces publics et que nous, en tant que chaîne Hema, nous adaptons à la culture et aux usages d'un pays, il a été demandé à cette intérimaire de ne plus porter son foulard", indique la chaîne néerlandaise dans un communiqué publié mardi. "L'intérimaire a décidé de ne pas le faire et c'est pourquoi son contrat n'a pas été prolongé."

La chaîne de magasin insiste sur le fait qu'elle n'a aucune objection au port du foulard. Ainsi, le foulard ferait partie aux Pays-Bas de l'uniforme de l'entreprise, de façon optionnelle. "Nous ne pouvons pas comparer la Belgique, ou l'un des autres pays où Hema est implanté, avec les Pays-Bas où le port du voile est vu d'un oeil tout autre. En Belgique on voit clairement qu'il n'est pas d'usage de porter un foulard dans les chaînes de magasin, les supermarchés ou les fonctions publiques."

La ministre de l'Egalité des chances saisit le CECLR La ministre de l'Égalité des chances Joëlle Milquet a demandé mardi au Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme (CECLR) de soumettre à un "examen juridique approfondi" le cas d'une intérimaire de Randstad dont l'engagement auprès de la chaîne de magasins Hema n'a pas été prolongé parce qu'elle refusait d'abandonner son foulard.

Pour Joëlle Milquet, la jurisprudence a établi à de nombreuses reprises qu'une demande de client ou de tierces personnes de poser un acte discriminatoire ne pouvait nullement justifier une discrimination. Et la ministre de citer l'arrêt "Feryn" de la Cour du travail de Bruxelles du 28 août 2009, le jugement du tribunal de première instance de Nivelles du 19 avril 2005, celui du tribunal de première instance de Bruxelles du 22 décembre 2009, etc.

De son côté, le Centre pour l'égalité des chances dit avoir des raisons de penser à un cas de discrimination fondée sur les croyances ou les convictions.

Le Vif.be, avec Belga

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